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L'auteur

undefinedFrédéric FARAVEL

Membre du bureau fédéral du Val d'Oise du Parti socialiste (95)
Secrétaire de la section Plaine de France du Parti socialiste
Membre du bureau du comité régional Île-de-France du PS


Pour en savoir plus : une présentation détaillée de l'auteur se trouve en haut de la colonne de droite.
 
Vendredi 16 mai 2008

publié dans : Parti Socialiste par FARAVEL communauté : Les blogs socialistes

Analyse du texte présenté par Bertrand Delanoë et 90 signataires


Bertrand Delanoë sortira le 22 mai prochain un livre d'entretien avec Laurent Joffrin, directeur de Libération, que d'aucuns annoncent être une confirmation du ralliement du Maire de Paris à une vision sociale-libérale de l'action politique.

Dans l'attente de cette œuvre sans doute magistrale pour le socialisme français, nous devons nous en tenir au texte de 10 pages intitulé « Clarté, courage, créativité : pour un grand congrès socialiste », que ce dernier a présenté le 6 mai 2008 – date anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy – avec quelques dizaines d'autres signataires.


Première remarque, ce texte, qui veut trancher par une réflexion de fond, apporter des pistes de réflexion plutôt que « poser des questions » - cherchant par là à se distinguer médiatiquement de la démarche entamée par Ségolène Royal -, se distingue essentiellement par son manque d'originalité et de lignes de force marquées. Je passerai sur les passages obligés de la première partie, série de constats d'une France en panne après 6 années de gouvernements UMP. Il est cependant nécessaire de pointer quelques difficultés d'analyse qui apparaissent dès les trois premières pages :

  • une vision de la réforme du système éducatif axé essentiellement sur l'enseignement supérieur quand c'est l'ensemble de la stratégie éducative française qui est mise à mal années après années, éducation nationale et éducation populaire ;

  • une absence de discours sur le déficit criant en terme d'investissements publics et privés et de politique industrielle ;

  • une vision idyllique de la présidence Chirac-Jospin de l'union européenne en 2000 qui occulte l'échec qu'a été le traité de Nice et les fourvoiement de l'agenda de Lisbonne, cette illusion sur l'action du gouvernement socialiste dans la construction européenne étant à la source des désaccords qui existent dans le PS sur la méthode à mettre en œuvre depuis 2004-2005 ;

  • une absence de déconstruction de la réelle portée réactionnaire du discours et de l'action de Nicolas Sarkozy, un refus de caractériser la synthèse des droites que le Président de la République à réaliser et la cohérence de sa politique, et malgré cela quelques lignes plus loin la définition d'un « bonapartisme néo-libéral » ;

  • une vision illusoire du rôle des collectivités face à la politique du gouvernement. Illusoire car elle pourrait induire en erreur nos concitoyens sur les capacités des collectivités de gauche (désormais largement majoritaires) à résister au démantèlement de notre système de solidarité et de nos services publics, et donc à terme les décevoir car nous n'aurons pas su réellement les protéger.

Le texte aligne ensuite les pistes de réflexion qui pourraient parfaitement s'inscrire dans ce que l'on a appelé la « stratégie de Lisbonne » ; une ambition minimaliste en terme d'action publique, enrôbée de quelques grands sentiments généreux pour camoufler une adaptation aux standards néo-libéraux des sociaux-démocrates européens (ce qui ne les a pas empêché d'être peu à peu écarter du pouvoir presque partout en Europe).


La partie sur l'économie de la connaissance et le développement durable (page 4) insiste avant tout sur la libéralisation de l'enseignement supérieur français, son alignement sur les standard internationaux, autonomie accrue et opérationnalité directe de la recherche dans le développement économique. Mais elle fait l'impasse sur le défaut de politique industrielle en France et sur le défaut d'investissements économiques conséquents de la puissance publique et des grandes entreprises privées. Les étudiants pourront toujours être incités « à créer des PME innovantes », ces PME ne se développeront pas et n'atteindront jamais la taille critique pour s'insérer dans le marché mondial si l'investissement reste en panne et donc leurs carnets de commande restent désespérement vides.


La partie sur la refondation du pacte social pose de nombreuses questions.

En défendant « plus d'emplois et une meilleure qualité du travail » (page 5), le texte ne dit pas quelles sont les pistes de création d'emplois nouveaux ; la question du temps de travail est absente alors même qu'elle continue d'être idéologiquement harcelée par la droite, la baisse du chômage constatée aujourd'hui n'est pas interrogée dans sa composition ce qui signifie implicitement qu'on donne acte à la droite de « ses résultats ». Les conditions de travail, la souffrance au travail, alors même qu'on aborde dans le cadre du débat sur la réforme des retraites la question de la pénibilité, n'est pas même évoquée.

Face à cela, la priorité est donnée à l'emploi des seniors pour résoudre à la fois les retraites et le chômages mais sans jamais dire comment l'on s'y prend. Sans que soit discuté non plus quelle est la priorité la plus pertinente : faut-il s'acharner à faire travailler les plus de 55 ans et valider ainsi l'idée de l'inéluctabilité de l'allongement des durées de cotisation (travailler plus longtemps pour gagner la même retraite) ? Ou faut-il rechercher une entrée précoce dans l'activité professionnelle effective, sortir les jeunes du chômage à un âge où la productivité du travail est maximale ?

Autre choix discutable, l'affirmation de la priorité à l'immigration de travail, même si 2 pages plus loin on rappelle l'attachement à l'immigration familiale. Cette immigration de travail est répétée à plusieurs reprises, elle s'inscrit dans la continuité du refus de l'abrogation des lois Debré, dans la réflexion sur les quotas d'immigration portée en son par la Gauche Socialiste. Faut-il comprendre que sous prétexte de combattre les réseaux d'immigration clandestine, la France poursuivra sous direction socialiste une politique d'expulsion massive ?

Enfin, une nouvelle fois la prime pour l'emploi est affirmée comme moyen d'améliorer le pouvoir d'achat au même niveau que la revalorisation salariale. C'est oublier un peu vite que la PPE engendre comme effet pervers une véritable déresponsabilisation des employeurs quant à la valeur marchande du travail et à la juste rémunération des salariés, puisque l'État arrive avec la PPE comme une roue de secours. Il n'est pas dit que la PPE ne fasse pas partie des facteurs qui encouragent la stagnation salariale actuelle ; par ailleurs, il eût été utile de rappeler que les études faites lors des négociations sur les 35h démontraient un besoin de modération salariale pour 4 années avant que le rattrapage de la productivité horaire du travail soit réalisé ; L'UMP ne peut donc plus accuser les 35h d'être responsable de la stagnation salariale depuis 2003-2004.

Sur le vieillissement et la protection sociale (page 6), on ne peut que s'étonner de la position prise pour faciliter le cumul emploi-retraite quand on connaît les difficultés d'embauche des jeunes. On comprend également difficilement l'acceptation de principe de l'allongement inéluctable de la durée de cotisation tant que n'est pas résolu la question de l'accès réel à l'emploi et d'un abaissement de l'âge de la première cotisation. In fine, la jeunesse est la grande oubliée de ce texte, évoquée seulement dans une formule passe-partout à la moitié de la page 6.


La définition d'un État stratège (page 6) constitue un appel du pied à peine masqué aux positions extrêmement décentralisatrices de Jean-Paul Huchon, donnant la part belle aux Régions sans qui l'État ne pourrait plus rien faire aujourd'hui. Mais outre, que cet État stratège est présenté comme défenseur et rénovateur du service public à la française, n'est-ce pas ici un discours pour camoufler le désengagement de l'État de toute une série de responsabilités majeures dans la mise en œuvre de l'égalité républicaine ?

Dans le même registre, on s'étonnera que perdure le discours sur les « trésors d'imagination et d'audace dans l'élaboration de nouvelles politiques publiques et de la démocratie territoriale » dont recèleraient les collectivités ; j'ai déjà dit quelle impasse pouvait générer le discours sur les collectivités protectrices face à un État réactionnaire, mais il est frappant de lire ici comme une réminiscence des discours de Ségolène Royal sur « l'intelligence des territoires ». Car tout ce qui a été développé jusqu'ici il est vraissemblable que pas une ligne ne puisse être désavouée par l'ancienne candidate à l'élection présidentielle. Et si synthèse de fond il devait y avoir dans le prochain congrès de nombreux jalons permettent de soutenir que cette synthèse pourrait rassembler Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, même si les différences existent.

En effet, si on conçoit assez bien que les amis de Bertrand Delanoë soient en délicatesse avec le concept d'ordre juste porté par Ségolène Royal que Bernard-Henri Lévy - un de ses principaux supporteurs - définit pourtant comme le « fantasme d'une société transformée en une sorte de pensionnat généralisé », on aura pourtant du mal à distinguer concrètement leur séparation dans le domaine des valeurs tel qu'il est présenté page 7.


Non les différences fondamentales entre Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et leurs partisans respectifs sont ailleurs : dans la forme et la méthode de la conquête politique et bien sûr dans la rivalité de leurs ambitions personnelles.

Mais il faut dire encore un moment des pages « propositionnelles » du texte coordonné par Bertrand Delanoë. La perspective européenne dessinée par le texte est extrêmement décevante, elle remet en première ligne le concept de Fédération d'Etats-Nations chers à Lionel Jospin, qui a démontré son manque de prise politique et d'entraînement. La conférence que le Premier ministre d'alors avait mené après la négociation désastreuse du Traité de Nice portait en germe un projet confédéral, repris en quelques mots dans la page 8. Un tel projet acte la fin de la perspective fédérale européenne sur laquelle avait pourtant fini par s'accorder les socialistes (mêmes s'ils ont divergé sur la méthode pour y parvenir), il ne peut susciter aucun effet d'entraînement politique sur des ambitions minimalistes que défendraient fort bien un Pierre Moscovici.

La page 8 nous présente un projet purement technique, digne de « l'Europe par la preuve » chère à Ségolène Royal (encore une convergence), pas un projet politique pour relancer la construction européenne.


La partie intitulée « un parti socialiste reconstruit pour toute la gauche » est ambivalente. D'une part, elle cherche à se démarquer d'entrée de Ségolène Royal, dénonçant les tentatives « d’extériorisation et de contournement des lieux de débat et de décision collective qui se sont développées, particulièrement pendant et après l’élection présidentielle. » Elle situe ainsi Delanoë et ses amis dans la tradition du socialisme français, en y préférant la « régénération du fonctionnement démocratique de l’ensemble de nos instances », mais dès la fin de la page 8 on sent le même appel aux mânes de Gérard Collomb et « des élus considérés qui puissent apporter la richesse de leurs expériences à l’ensemble du parti ».

Au regard de tout ce qui a été dit auparavant, si les amis de Bertrand Delanoë souhaitent procéder à des rassemblement sur des choix clairs et « non sur de fausses synthèses », il y a tout lieu de penser que la synthèse de fond pourra être élaborée avec la motion de Ségolène Royal (à condition de dépasser les enjeux personnels).

Cependant le discours sur la relation à la société du Parti socialiste paraît moins artificiel que celui de Ségolène Royal, bien qu'il ne reste qu'au niveau du constat : « Un parti n’est pas qu’un acteur électoral, mais aussi un acteur idéologique, culturel. Aujourd’hui, les capteurs ne fonctionnent plus, donc les émetteurs ne sont plus alimentés. Nous perdons en anticipation, en créativité, en lien avec les mouvements sociaux. » Avoir accepté d'afficher un tel constat est un grand pas, reste à voir la traduction concrète des mesures nécessaires à la recréation de ce lien social perdu du PS.

La forte différenciation stratégique que l'on avait cru déceler au moment des municipales entre Delanoë et Royal semble même s'atténuer. Autant on lit la réaffirmation des alliances stratégique à gauche, autant on trouve une forme d'appel du pied au Modém par le « rassemblement le plus large [...] de toutes les forces qui veulent ouvrir une alternative durable à la droite ».

Bref on passe du chaud au froid constamment, puisque les intentions générales sont là : « faire grandir l’exigence en donnant au parti socialiste la capacité d’organiser le débat politique, de renouer les liens distendus avec la société, de travailler à une nouvelle dimension de nos relations avec les forces progressistes à l’échelle européenne et mondiale », « Nous ne gagnerons pas 2012, quelles que soient les qualités du candidat, si les années 2008 - 2011 sont gelées. C’est pourquoi, elles ne peuvent pas être abordées comme celles d’un intérim, mais d’un travail indispensable de modernisation des idées, de clarification des choix et de remise en ordre de marche du parti », autant le portrait du premier secrétaire potentiellement présidentiable que fait le texte ressemble tellement à un autoportrait de Bertrand Delanoë (page 10) qu'on peut légitimement de toute sincérité stratégique de ce document.


En définitive, nous retrouvons une géographie politique assez connue au PS depuis novembre 2006. Il y a à la droite du Parti deux sensibilités sociales-libérales, le départ de Dominique Strauss-Kahn n'étant in fine qu'une péripétie politique. D'un côté des sociaux-libéraux autoritaires plus ou moins rangés derrière « l'ordre juste » de Ségolène Royal, de l'autre côté des sociaux-libéraux libertaires qui trouveraient désormais en Bertrand Delanoë leur leader naturel. Ces deux sensibilités sont engagées dans des dynamiques concurrentes, à la fois pour dépecer l'organisation des proches de Dominique Strauss-Kahn « socialisme & démocratie », arguant d'une certaine cohérence idéologique, mais également tenter d'attirer des éléments militants déboussolés et plus à gauche par la dynamique qu'ils espèrent créer l'un et l'autre. Dans tous les cas, c'est - si nous n'y prenons pas garde - un nouvel affrontement délétère auquel se prépare le Parti socialiste. L'initiative des Renconstructeurs pêchent par le manque de cohérence idéologique entre rescapés du straus-kahnisme, fabiusiens et aubrystes ; il est possible de proposer une offre politique cohérente et dynamique ancrée à gauche qui dépasse les dissensions de méthode apparues autour du référendum sur le TCE, c'est la seule manière d'éviter ce face-à-face ridicule entre les deux personnalités les plus médiatiques du PS et de permettre des années utiles à la construction d'un projet alternatif de gauche dans ce pays.


Frédéric Faravel

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Jeudi 15 mai 2008

publié dans : Amérique(s) par FARAVEL
John Edwards apporte son soutien à Barack Obama, fragilisant la position d'Hillary Clinton
LEMONDE.FR avec AFP et AP | 15.05.08 | 08h15  •  Mis à jour le 15.05.08 | 08h24

e favori de l'investiture démocrate pour la présidentielle Barack Obama a reçu, mercredi 14 mai, le soutien de son ancien rival dans la course à la Maison Blanche John Edwards, un appui bienvenu après la sévère défaite enregistrée mardi en Virginie occidentale face à Hillary Clinton. "Il y a un homme. Il y a un homme qui sait et comprend que le temps est venu pour une gestion audacieuse du pays. Il y a un homme qui sait comment générer le changement, le changement durable qu'il faut bâtir à partir de la base. Il y a un homme qui sait dans son cœur que le temps est venu de créer une Amérique et non deux. Et cet homme, c'est Barack Obama", a dit M. Edwards au cours d'une réunion publique à Grand Rapids, dans le Michigan, au côté de M. Obama.

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John Edwards et Barack Obama, le 14 mai 2008, à Grand Rapids, dans le Michigan.
REUTERS/JEFF HAYNES
"Il y a un homme. Il y a un homme qui sait et comprend que le temps est venu pour une gestion audacieuse du pays. Il y a un homme qui sait comment générer le changement, le changement durable qu'il faut bâtir à partir de la base. Il y a un homme qui sait dans son coeur que le temps est venu de créer une Amérique et non deux. Et cet homme c'est Barack Obama", a dit M. Edwards au cours d'une réunion publique à Grand Rapids, dans le Michigan, au côté de M. Obama.

L'ancien sénateur de Caroline du Nord a assuré que la course à l'investiture serait "bientôt" terminé et rendu un hommage appuyé à Mme Clinton, s'attirant quelques sifflets du public vite réduits après un geste apaisant de M. Obama à l'adresse de ses partisans.

Tribun des classes moyennes, John Edwards fait partie d'une poignée de personnalités influentes, avec notamment l'ancien vice-président Al Gore, dont le soutien pourrait être déterminant pour décrocher l'investiture. Proche des syndicats ouvriers, M. Edwards est extrêmement populaire chez les ouvriers blancs, une catégorie d'électeurs qui fait défaut à M. Obama. Sa présence sur ce terrain très ardu pourrait aider Obama à séduire les ''Hillary democrats'', la classe ouvrière blanche qui le boude mais qui avait en revanche largement soutenu Edwards avant qu'il ne quitte la course. Le directeur de campagne de Mme Clinton, Terry McAuliffe a réagi dans un communiqué : ''Nous respectons John Edwards, mais comme les électeurs de Virginie occidentale l'ont démontré hier soir, c'est très loin d'être terminé.''

1 885 DÉLÉGUÉS POUR M. OBAMA CONTRE 1 718 POUR MME CLINTON

Arrivé second des "caucus" de l'Iowa derrière M. Obama mais devant Mme Clinton et 3ème dans les autres consultations jusqu'à son retrait de la course, le 30 janvier, M. Edwards a engrangé 18 délégués. Il pourrait demander à ses délégués de se ranger derrière le sénateur de l'Illinois. La semaine dernière, l'ex-directeur de campagne de M. Edwards, David Bonior avait déjà rejoint M. Obama. Sur les 6 candidats en lice pour l'investiture démocrate au début des primaires, à l'exception de lui-même et de Mme Clinton, M. Obama a reçu le soutien de 4 ex-rivaux. Joe Biden ne s'est pas encore prononcé et Mike Gravel a quitté le parti démocrate pour le parti libertarien. M. Obama a reçu par ailleurs mercredi l'appui de 5 "super délégués", des élus et responsables du Parti démocrate dont les voix seront cruciales dans le choix du candidat qui affrontera le républicain John McCain en novembre. En comparaison, ce même jour, Mme Clinton a reçu l'appui d'un seul.

Ratissant très large, M. Obama a obtenu par ailleurs l'appui du Naral, la plus importante organisation de défense du droit à l'avortement aux Etats-Unis, et de trois anciens présidents de la SEC, l'autorité américaine de régulation des marchés, dont William Donaldson, ancien membre de l'administration présidentielle sous Ronald Reagan et président de la SEC de 2003 à 2005 pendant le mandat de George W. Bush.

Selon le site indépendant RealClearPolitics, M. Obama dispose actuellement de 1 885 délégués contre 1 718 pour Mme Clinton. Il faut 2 025 délégués pour obtenir l'investiture du parti démocrate. Il reste 189 délégués à attribuer d'ici le 3 juin. Les derniers espoirs de Mme Clinton reposent sur la prise en compte des délégués de Floride et du Michigan, deux Etats qu'elle a remportés mais dont les résultats ont été invalidés par la direction du parti démocrate parce que les primaires ont eu lieu avant la date autorisée. Si les délégués de ces 2 Etats étaient comptabilisés, il faudrait 2 209 délégués pour obtenir l'investiture.
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Mardi 13 mai 2008

publié dans : Carton Rouge ! par FARAVEL communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
Lors des commémorations du 8 mai 1945, Nicolas Sarkozy est allé rendre hommage aux membres du commando Kieffer, ces quelques 170 jeunes Français, qui avec les forces canadiennes avaient été les seuls soldats français à participer aux opérations du débarquement de Normandie.
Il est évident que Nicolas Sarkozy cherche là à reteinter son image ternie d'un gaullisme de bon alloi, lui qui fut si souvent accusé comme Jacques Chirac d'être un fossoyeur du Gaullisme. Le fait que la participation du commando Kieffer fut décriée par le Général De Gaulle qui pestait de ne pas avoir été tenu informé de cette participation et même de l'opération tout court apparaîtra tout de même comme une ironie particulière.
Mais il est frappant que Sarkozy renoue le 8 mai dernier avec un élément central du gaullisme et l'un des trois piliers majeurs de la droite française : le nationalisme. Sans erreur possible, il apparaît évident que l'un des faits majeurs de la synthèse sarkoziste c'est la capacité à assumer à nouveau un nationalisme, discrédité par la guerre, la décolonisation et la construction européenne. Qu'il gère ceci avec les obligations de maintenir les faux-semblants de l'union européenne, montre bien - malgré tout traité simplifié - à quel point l'Europe est dans une impasse, en panne de projet, pour se satisfaire ainsi que celui qui se revendique son "relanceur" soit un nationaliste assumé.
Car le 8 mai 2008, quelques jours après deux documentaires pédagogiques et remarquablement montés sur Mitterrand et la seconde guerre mondiale, Sarkozy a renoué avec la mystique Gaullo-mitterrandienne, et même Gaullo-communiste, celle de la France unie, de la France éternelle, de la France résistante, qui n'aurait rien eu à voir avec Vichy, l'Etat français (celui qui pourtant détenait la légitimité institutionnelle), les crimes qu'il a commis et cette idée que la France n'avait pas à faire de repentance.
Le refuse de la repentance est une antienne récurrente de Nicolas Sarkozy ; elle est aménagée au gré des circonstances pour satisfaire momentannément telle ou telle partie de la population, mais l'idée générale reste. Et là la marque est incontournable, Nicolas Sarkozy par son discours du 8 mai 2008 vient de faire faire à notre République un bond de 12 ans en arrière avant que Jacques Chirac n'ait enfin reconnu que les crimes de Vichy étaient des crimes français.

Frédéric Faravel
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Mardi 13 mai 2008

publié dans : Amérique(s) par FARAVEL
Barack Obama passe devant Hillary Clinton dans la course aux superdélégués
LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et AP | 11.05.08 | 08h46  •  Mis à jour le 11.05.08 | 08h46

n cap peut-être décisif a été franchi ce week-end dans la course à l'investiture démocrate. En s'assurant, vendredi 9 mai, du soutien de sept "superdélégués", puis de trois autres samedi, Barack Obama a fait un pas de géant vers une victoire face à sa rivale Hillary Clinton. En tête dans la course aux délégués "simples", vainqueur des primaires dans un plus grand nombre d'Etats, plus populaire au plan national que Mme Clinton, le sénateur de l'Illinois est en passe de franchir le seul obstacle qui pouvait encore lui barrer la route de l'investiture : obtenir le ralliement d'une majorité de superdélégués, ces cadres et élus démocrates qui sont habilités à se prononcer librement pour le candidat de leur choix lors de la convention nationale du parti, le 4 novembre. Début février, l'ex-première dame avait encore dans son camp 90 superdélégués de plus que son adversaire. Désormais, M. Obama peut compter sur le soutien de 273 superdélégués, contre 272 à la sénatrice de New York. L'équipe de campagne de M. Obama calcule qu'il lui suffit de gagner le soutien de 157 délégués ou superdélégués pour être soutenu par les 2 025 nécessaires pour s'assurer l'investiture. Quelque 253 superdélégués n'ont pas encore annoncé leur choix. Les 6 dernières primaires prévues jusqu'au 3 juin permettront en outre d'élire 217 délégués "simples".
 
"LA COURSE N'EST PAS TERMINÉE"

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Face à cette sérieuse déconvenue, Hillary Clinton peine à contre-attaquer et se voit même obligée de jouer la défensive. Le site internet TalkingPointsMemo a ainsi indiqué que la candidate avait participé samedi à une téléconférence avec des superdélégués la soutenant encore, à la fois pour les implorer de lui garder leur soutien et pour leur assurer que "la course n'était pas terminée".

De fait, même si nombre de médias ont déjà enterré la candidature de Mme Clinton, aucun raz-de-marée n'a encore permis à M. Obama de crier victoire. Les personnalités les plus influentes du parti démocrate, la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, le chef de la majorité au Sénat Harry Reid, l'ancien vice-président Al Gore, restent muets, comme s'ils voulaient éviter de siffler eux-même la fin de la partie. "Au fur et à mesure que se déroulent les primaires, un vainqueur émergera, et je ferai connaître mes vues", a seulement indiqué Mme Pelosi.

COMMENT CHOISIR ?

Un parlementaire qui n'a pas encore fait son choix, Jason Altmire, résumait vendredi, sur la chaîne MSNBC, le dilemme qui se pose à nombre de cadres démocrates : comment choisir entre la candidate qui a gagné dans sa circonscription, en Pennsylvanie, et celui qui a remporté le plus de voix dans le pays ? "Je vais laisser à Mme Clinton la chance qu'elle mérite d'aller au bout du processus, et voir si elle peut rattraper son retard", tranchait-il, repoussant le moment du choix jusqu'au 3 juin, date de la dernière primaire.

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Samedi 10 mai 2008

publié dans : Amérique(s) par FARAVEL
Pour John Edwards, Obama peut unir le parti et gagner l'élection du 4 novembre
LEMONDE.FR | 11.03.08 | 15h45  •  Mis à jour le 09.05.08 | 18h14

ENDREDI 9 MAI
John Edwards déclare qu'Obama est le mieux placé pour remporter l'investiture
John Edwards, qui fut le troisième homme de la course âprement courtisé par les deux rivaux, a clairement laissé entendre vendredi que M. Obama serait le candidat démocrate."Je pense que (Hillary Clinton) a très bien défendu sa candidature (mais) le problème, ce sont les chiffres", a-t-il dit à la chaîne de télévision NBC. "Je crois que les Américains attendent quelqu'un qui se battra chaque jour pour eux (...) et je crois que c'est ce que fera Obama", a-t-il ajouté, indiquant qu'il pensait que ce dernier serait le mieux à même de battre le candidat républicain John McCain lors de la présidentielle. Au cours de ce même entretien, Edwards a également estimé que Barack Obama avait la capacité d'unir le parti et à l'emporter le 4 novembre.

John Edwards considère que Barack Obama est mieux placé que Hillary Clinton pour remporter l'investiture démocrate.
AFP/Spencer Platt
John Edwards considère que Barack Obama est mieux placé que Hillary Clinton pour remporter l'investiture démocrate.
De son côté, Donald Payne, un élu du New Jersey à la Chambre des représentants qui soutenait Hillary Clinton, a annoncé dans le quotidien local The Star-Ledger qu'il se rangeait désormais derrière Barack Obama. "Après avoir soigneusement réfléchi, je suis parvenu à la conclusion que Barack Obama est le mieux à même d'apporter au pays le changement qu'il attend et dont il a si désespérément besoin", a-t-il expliqué. Il ne reste plus que six primaires et tout dépend désormais des "superdélégués"

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Les trois candidats américains se présentent comme des alliés d'Israël
Les trois candidats ont insisté sur leurs liens avec Israël et promis de se tenir au côté de l'Etat hébreu, alors que cet allié clé des Etats-Unis fêtait le 60e anniversaire de sa tumultueuse existence. Les trois sénateurs en lice pour succéder à George Bush ont souligné le soutien des Etats-Unis à Israël."Ce que j'aime à propos d'Israël c'est que c'est une démocratie si robuste. (...) Il est donc crucial d'envoyer un message à travers le monde, que nous nous tiendrons au côté d'Israël, nous voulons qu'ils soient là pas seulement pendant 60 ans, mais pendant 600 ans, et quand je serai président des Etats-Unis, ils auront en moi un allié inébranlable", a déclaré le sénateur de l'Illinois Barack Obama sur la chaîne CNN. Sa rivale pour l'investiture démocrate Hillary Clinton a également salué le peuple israélien qui, a-t-elle dit, a bâti une "démocratie forte et vibrante", selon un communiqué diffusé par sa campagne. Israël et les Etats-Unis "sont unis par des valeurs partagées et de forts liens d'amitié", ajoute le communiqué de la sénatrice de New York. Le candidat républicain John McCain a souligné quant à lui que "quand le président Harry Truman a reconnu l'Etat d'Israël il y a soixante ans, il a formalisé une relation profonde et durable entre deux grands peuples". "Ne laissez personne douter du fait que, alors que les défis se poursuivent, Israël survivra et prospèrera. Il y aura toujours un (Etat d')Israël, et il y aura toujours un lien vital entre nos deux peuples", a dit le sénateur de l'Arizona dans un communiqué. Le président Bush se rend en Israël mercredi, première étape d'un voyage le conduisant aussi en Arabie saoudite et en Egypte, pour célébrer le 60ème anniversaire de l'Etat israélien et pour favoriser les discussions en vue d'un accord de paix avec les Palestiniens.

Pour Barack Obama, John McCain "perd le nord"
Barack Obama a accusé jeudi 8 mai John McCain de "perdre le nord" sur les questions de politique étrangère. Le prétendant à l'investiture démocrate réagissait sur CNN à une récente attaque du futur candidat républicain selon qui le mouvement palestinien Hamas est favorable à l'élection d'Obama."Je pense que c'est malheureux, en particulier parce que ma politique envers le Hamas n'est pas différente de la sienne", a déclaré M. Obama sur CNN. "Cette manière de jeter des commentaires à l'emporte-pièce est un exemple selon moi qu'il perd le nord dans sa quête de l'investiture", a-t-il ajouté. L'entourage du sénateur de l'Arizona s'est indigné que Barack Obama cherche ainsi à faire de l'âge de M. McCain, qui aura 72 ans en août, une question de campagne. "Perdre le nord n'a aucun rapport avec l'âge", a répliqué un porte-parole du sénateur de l'Illinois, qui est âgé de 46 ans.

Hillary Clinton doit tenir bon, selon certains de ses supporters
Malgré une série de déconvenues électorales et des augures défavorables pour Hillary Clinton, des partisans de l'ancienne première dame des Etats-Unis assurent qu'elle doit continuer à disputer l'investiture démocrate. Son rival Barack Obama a largement remporté mardi la primaire de Caroline du nord, ce qu'une courte victoire de la sénatrice de New York dans l'Indiana n'a pas permis d'effacer. Une grande partie des médias américains annoncent que les jeux sont déjà faits. Mais pour des partisans de Mme Clinton, dont certains vont jusqu'à dire préférer le républicain John McCain à Barack Obama, voir leur championne abandonner la course n'est pas envisageable. Des forums sur internet continuent à soutenir la candidate, qui a pour l'instant exclu de renoncer, malgré ses récents revers. Les journaux de New York estiment qu'il est peu probable que Mme Clinton mette un terme à sa campagne, même si certains éditorialistes pensent qu'elle devrait le faire."Clinton pourrait bien combattre jusqu'au bout, elle est têtue et concentrée" sur son but, a écrit le New York Post jeudi, au lendemain de la publication en Une d'une photo de la candidate, titrée "Foutue!". "Mais une chose est claire : Obama a la nomination dans sa poche", ajoute le quotidien populaire. L'appel de Mme Clinton à prendre en compte les résultats des primaires en Floride et au Michigan, disqualifiés par les instances du parti en raison d'un vote organisé plus tôt que préconisé, attire également des critiques. "Le bruit qu'elle fait sur la Floride et le Michigan va diviser le parti et lui causer du tort", écrit un autre contributeur, selon qui "il ne s'agit pas du bien du parti ou des Etats-Unis, mais de son ego".

JEUDI 8 MAI
John McCain veut défendre la liberté religieuse et critique plusieurs pays
Le candidat républicain à la présidentielle américain, John McCain, a dit mercredi vouloir défendre la liberté religieuse, accusant la Chine, l'Iran, la Birmanie, le Soudan, la Corée du Nord et l'Arabie Saoudite de persécuter des milliers de gens en raison de leur religion. "Il n'y a pas de droit plus fondamental dans une société libre que celui d'une libre pratique de la religion. Derrière des murs de prison, en Chine, Iran, Birmanie, au Soudan, en Corée du Nord et Arabie Saoudite, des dizaines de milliers de personnes sont persécutées alors que leur seul crime est de prier Dieu selon leurs croyances", a déclaré John McCain lors d'un discours à Oakland University dans le Michigan."Aucune société qui rejette la liberté religieuse ne peut se prévaloir d'être bonne dans d'autres domaines (...) Comme président, je ferai de la liberté religieuse un sujet de grande importance pour les Etats-Unis dans nos relations avec d'autres nations", a-t-il ajouté.
"Je travaillerai étroitement avec des alliés démocratiques pour défendre la liberté religieuse dans tous les forums quels qu'ils soient. Que ce soit dans les négociations bilatérales, ou dans les multiples organisations multinationales auxquelles l'Amérique appartient, je ferai respecter la priorité d'une liberté religieuse dans les relations internationales", a-t-il promis. Le candidat républicain a aussi dénoncé les trafics d'être humains, citant la Thaïlande, le Koweït et le Venezuela. "C'est un problème sérieux aux Etats-Unis", a-t-il précisé, en indiquant qu'il voulait aussi s'attaquer aux criminels et prédateurs qui profitent de l'internet.

Hillary Clinton prise à partie par des manifestants anti-guerre
Des manifestants anti-guerre ont perturbé mercredi une réunion avec Hillary Clinton, qui se bat pour décrocher l'investiture démocrate à la présidentielle américaine, s'en prenant notamment à ses déclarations sur l'Iran. Un homme est monté sur une table au cours d'une réunion de levée de fonds organisée en présence de la candidate dans un hôtel du centre de Washington et a déployé une banderole noire et blanche proclamant : "Annihiler l'Iran : des excuses".
Mme Clinton avait déclaré dimanche qu'elle ne regrettait pas sa promesse d'"annihiler l'Iran" si ce pays utilisait la bombe atomique contre Israël. "Pourquoi aurais-je des regrets ? On me demande ce que je ferais si l'Iran attaquait notre allié (Israël), un pays avec lequel beaucoup d'entre nous ont beaucoup de liens et d'affection", avait-elle expliqué. L'homme a semblé briser un verre avant d'être évacué de la salle par les agents de sécurité, tandis qu'une foule d'un millier de femmes soutenant l'ex-Première dame scandait : "Hillary, Hillary".

Les démocrates de Floride espèrent une solution rapide
Le parti démocrate de Floride a indiqué mercredi espérer trouver d'ici fin mai une solution pour que ses délégués puissent siéger à la convention nationale démocrate qui doit désigner fin août le candidat du parti pour la présidentielle américaine de novembre. "Nous espérons que la requête que nous avons présentée sur la question des délégués sera étudiée le 31 mai au cours d'une réunion du Comité national démocrate (CND) et aboutira à un accord", a déclaré Alejandro Miyar, porte-parole du parti démocrate de Floride (sud-est). Jon Ausman, membre du CND de Floride, demande dans cette requête que la Floride ne perde pas la totalité mais seulement la moitié de ses représentants à la convention qui se tiendra du 25 au 28 août à Denver (Colorado, ouest).

Campagne pour la dream team, Obama-Clinton
L'idée que Barack Obama et Hillary Clinton disputent ensemble la présidentielle américaine, au nom de l'unité des démocrates face au républicain John McCain, recommence à faire son chemin depuis que les médias ont quasiment proclamé l'investiture du jeune sénateur. Mais curieusement, alors qu'il y a deux mois Mme Clinton, en dépit de son retard, évoquait crânement l'hypothèse de prendre son jeune rival pour colistier, son équipe assure maintenant que l'idée de briguer la vice-présidence à ses côtés ne lui traverse plus l'esprit. "Je ne l'ai pas entendue exprimer d'intérêt pour un tel ticket" a déclaré mardi son directeur de communication Howard Wolfson.
Or, une escouade de jeunes militants démocrates proches de Hillary Clinton a pourtant lancé une "campagne pour la dream team". "A l'origine j'avais pour but d'organiser les partisans d'un 'ticket' Clinton-Obama (dans cet ordre) (...) mais ces dernières semaines j'ai parlé avec des partisans d'Obama qui parlent d'un 'ticket' Obama-Clinton, et ils ont raison", a expliqué mardi le fondateur de l'organisation "voteboth" ('votez pour les deux'), Adam Parkhonenko.
Dès mardi soir, le responsable d'un courant centriste du parti démocrate, Harold Ford, du DLC (Democratic leadership council), a plaidé avec force pour une candidature commune. "Un 'ticket' Obama/Clinton pourrait répondre aux grandes inquiétudes, de part et d'autres, sur les différends et l'animosité (entre les deux camps), et la difficulté de Barack pour attirer le vote des blancs", a fait valoir M. Ford sur la télévision MSNBC.
L'universitaire William Galston, ancien collaborateur du président Clinton aujourd'hui à la Brookings Institution, estime que le devoir de rassemblement pourrait en effet pousser M. Obama à tenter l'inconcevable, comme en 1960 John Kennedy avait offert la vice-présidence à son tenace rival Lyndon Johnson, comme en 1980 Ronald Reagan avait fait équipe avec George Bush. "Malgré tous les déchirements, M. Obama pourrait très bien décider que le plus prudent est de rassembler le parti de la façon la plus visible qu'on puisse imaginer", en proposant à Mme Clinton de l'épauler.

MERCREDI 7 MAI
Hillary Clinton puise encore dans ses finances pour poursuivre sa campagne.
Hillary Clinton a puisé en avril 6,4 millions de dollars dans ses finances personnelles pour poursuivre sa quête de l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine, ont annoncé des assistants. Mme Clinton, dont les succès pour collecter de fonds auprès de ses partisans restent très en deçà de la performance de son rival Barack Obama, avait déjà annoncé au lendemain des résultats mitigés du"super-mardi" le 5 février qu'elle avait prêté à sa campagne 5 millions de dollars. Le prêt de 6,4 millions de dollars devait aider Mme Clinton à combler l'écart de dépenses avec M. Obama pour les primaires de mardi en Indiana et en Caroline du Nord, qui ont pourtant permis au sénateur de Chicago de confirmer son avance. Mme Clinton, dont l'entourage se plaint régulièrement de disposer de moins de fonds que M. Obama, avait accordé un prêt de 5 millions de dollars à sa campagne le 11 avril, à onze jours de sa nette victoire en Pennsylvanie. Elle a ajouté un million de dollars le 1er mai, puis encore 425 000 dollars lundi, à la veille des scrutins dans l'Indiana et la Caroline du Nord, selon son équipe

Barack Obama fait grande impression, selon Bernard Kouchner
"Il semblerait que Barack Obama fasse très grande impression par son talent et par la perspective de changement qu'il représente"
, a assuré mercredi le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner en réagissant aux résultats des primaires démocrates en Caroline du nord et dans l'Indiana sur France Inter, ajoutant : "Ce que, on le comprend bien, la famille Clinton personnifie un peu moins".

Un grand pas pour Barack Obama
Barack Obama a effectué un grand pas mardi 6 mai en vue de l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine en remportant largement la primaire de Caroline du Nord (56% contre 42%) et en talonnant sa rivale Hillary Clinton (49% contre 51%) dans l'Indiana. Rien n'est encore joué pour l'investiture démocrate mais, selon les premiers commentaires des médias américains, M. Obama a conforté son statut de favori en remportant le dernier grand Etat en jeu. 115 délégués, attribués à la proportionnelle, étaient en jeu en Caroline du Nord. Il y en avait 72 dans l'Indiana et, vu le résultat serré de la primaire, ils devraient se partager entre M. Obama et Mme Clinton. Barack Obama a ainsi renforcé son avance sur Mme Clinton en termes de nombre de délégués, chargés de désigner officiellement un candidat à la convention nationale démocrate fin août à Denver. Il reste seulement six scrutins d'ici le 3 juin dont une primaire prévue mardi en Virginie occidentale (Est). Ces consultations à venir ne permettront d'attribuer qu'une poignée de délégués. Mme Clinton est favorite dans trois Etats dont la Virginie occidentale et M. Obama dans trois autres. La sénatrice de New York a confirmé qu'elle irait jusqu'au bout du processus de sélection du candidat démocrate et assuré qu'elle se battrait pour que soient pris en compte les résultats de Floride et du Michigan, deux Etats qu'elle a remportés, mais dont les résultats ont été invalidés par la direction du parti démocrate.

MARDI 6 MAI
Hillary Clinton: l'héroïne des américains moyens
Dans un article publié dans le New York Times, le journaliste Jodi Kantor, résume le jeu politique de la candidate démocrate. Professeurs, routiers, vendeurs: elle est devenue la figure de proue d'une majorité de personnes issue de la classe moyenne. Peu importe les résultats des primaines de la Caroline du Nord et de l'Indiana, estime le journaliste, car elle a accomplit l'impossible : grande favorite de la course à l'investiture démocrate au début de la saison des primaires, puis donnée perdante face à ce qui apparaissait comme une irrésistible ascension de son rival, Mme Clinton est revenue spectaculairement dans le jeu s'adjugeant presque tous les "grands" Etats et remportant notamment ces dernières semaines l'Ohio et la Pennsylvanie. Chose remarquable, Mme Clinton n'a pas utilisé son passé dans sa campagne, "pour rester humble ou ne pas paraître misérable", ironise le journaliste."Choisir un président, c'est comme choisir le meilleur constructeur pour bâtir la maison de ses rêves", explique-t-il pour comparer la stratégie d'Hillary Clinton : "la candidate sait manier ses allocutions et sait ce qui fait plaisir à entendre".

Primaires démocrates : les électeurs votent massivement
L'Indiana et la Caroline du Nord votent mardi 6 mai pour départager les prétendants démocrates à la Maison Blanche, Barack Obama et Hillary Clinton, lors de primaires âprement disputées pour la présidentielle américaine. Les premiers bureaux de vote ont ouvert à 06H00 locales (10H00 GMT) dans l'Indiana et à 07H00 (11H00 GMT) en Caroline du Nord. Le temps est ensoleillé dans l'Indiana et dans des bureaux de vote d'Indianapolis, et beaucoup de gens se sont pressés pour voter, a constaté un journaliste de l'AFP. "Une demi-heure après l'ouverture des bureaux de vote, il y avait plus de votants que ce que nous enregistrons habituellement en une demi-journée", souligne Cordellia Lewis-Burkes, scrutateur démocrate dans un bureau de vote situé au Musée des enfants.

L'ancien candidat John Edwards ne choisit pas entre Clinton et Obama
L'ancien candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine John Edwards n'entend pas choisir entre ses anciens rivaux Hillary Clinton et Barack Obama, a-t-il annoncé à l'hebdomadaire des célébrités People. M. Edwards, qui a abandonné la course présidentielle en janvier, fait partie d'une poignée de personnalités influentes, avec notamment l'ancien vice-président Al Gore, dont le soutien pourrait être déterminant. Mais dans un entretien à paraître vendredi, posté sur le site internet du magazine, John Edwards énumère les points forts et les points faibles de chaque candidat. Il salue la "ténacité" de l'ex-Première dame, qui selon lui "montre une vraie force en elle", mais n'aime pas "la vieille politique" qu'elle incarnerait selon lui. Sur Barack Obama, John Edwards, déclare qu'il voudrait "parfois voire plus de substance sous la rhétorique". Mais il ajoute : "premièrement, je crois qu'il veut vraiment sérieusement changer (les choses) et apporter une nouvelle façon de faire les choses. Et deuxièmement, je crois que c'est un formidable symbole d'avoir un Afro-américain qui pourrait être président". Cette petite phrase a fait réagir son épouse, interviewée avec lui dans leur cuisine : "Et le symbole d'avoir une femme, alors...?", a-t-elle interrogé.

McCain tente de reconquérir l'électorat hispanique
John McCain a lancé, lundi 5 mai, un site Internet en espagnol dans l'espoir de reconquérir l'électorat hispanique, qui s'est éloigné de son parti ces derniers mois. Le sénateur de l'Arizona a inauguré ce site à l'occasion de la fête nationale mexicaine du Cinco de Mayo. "Le message républicain est taillé pour nos électeurs hispaniques", a déclaré M. McCain à des journalistes. "Je connais leur patriotisme, je connais leur respect de la famille, leur défense du droit à la vie, je connais leur économie de petites entreprises", a-t-il martelé.

La question de l'immigration est à l'origine de la perte de popularité des républicains : ils ont rejeté en juin un projet de loi qui aurait ouvert un chemin vers la reconnaissance des 12 millions d'immigrants clandestins, hispaniques pour la plupart, qui vivent aux Etats-Unis. M. McCain avait soutenu cette législation dans un cadre plus global, se mettant à dos nombre de ses collègues, avant d'insister ensuite uniquement sur la question de la sécurité des frontières. Selon une étude du centre Pew parue en décembre, 57 % des électeurs hispaniques inscrits se revendiquent démocrates, contre 23 % qui se disent républicains. L'écart, de 34 points, était de 21 points en juillet 2006. Le vote hispanique pourrait s'avérer crucial lors de l'élection présidentielle du 4 novembre, en particulier dans certains Etats comme la Californie, la Floride ou le Colorado.

Caroline du Nord, avantage Obama, Indiana, avantage Clinton
Alors que les bureaux vont ouvrir dans quelques heures en Indiana et en Caroline du Nord, les derniers sondages accordent une sensible avance à Barack Obama en Caroline du Nord, tandis que la sénatrice aurait un léger avantage en Indiana. La lutte s'annonce donc très serrée et d'après les observateurs des deux camps, aucun des candidats n'aura la majorité des délégués pour l'investiture au soir des primaires dans ces deux Etats. Attribués à la proportionnelle, 72 délégués sont en jeu dans l'Indiana et 115 en Caroline du Nord. M. Obama dispose actuellement de 1 742 délégués contre 1 607 pour Mme Clinton, selon Associated Press. Il faut 2 025 délégués pour remporter définitivement l'investiture.

John McCain renouvelle ses critiques sur le manque d'expérience d'Obama en matière de sécurité
A la veille des primaires démocrates, le républicain McCain a dénoncé le manque d'expérience flagrant du sénateur de l'Illinois en matière de sécurité nationale. "Le sénateur Obama veut s'asseoir avec un chef iranien qui veut rayer de la carte Israël, je ne pense pas que l'on devrait lui accorder tant de prestige, il ne connaît pas grand-chose en matière de sécurité nationale, ce qui pourrait être problématique par la suite." Son discours fait suite aux propos de M. Obama datant de 2007, où le sénateur de l'Illinois proposait de rencontrer les leaders d'Iran, de Corée du Nord et de Cuba.

Suspendre la taxe fédérale sur l'essence cet été serait difficile, affirme Hillary Clinton
A la veille des primaires en Caroline du Nord et dans l'Indiana, Hillary Clinton a admis lundi que sa proposition de suspendre une taxe fédérale sur l'essence cet été serait difficilement applicable en raison d'un veto probable de George Bush. Le sujet est devenu brûlant dans la course démocrate à la Maison Blanche, Barack Obama accusant sa rivale de populisme avec cette proposition à laquelle il s'oppose, la jugeant peu efficace. Hillary Clinton a affirmé lundi que cette initiative permettrait à chaque automobiliste de gagner 70 dollars en moyenne pendant l'été. "Honnêtement, ce sera dur", a-t-elle toutefois reconnu à propos de ses chances de mise en œuvre. "C'est un défi très difficile, mais ça ne nous empêchera pas d'essayer."

Barack Obama mène la course devant Hillary Clinton, mais celle-ci a obtenu davantage de soutiens auprès de l'électorat ouvrier dans de grands Etats comme la Pennsylvanie ou l'Ohio. "Nous devons produire des résultats pour les travailleurs. Ils doivent sentir que les démocrates sont à leurs côtés", a-t-elle déclaré lundi. L'Indiana et la Caroline du Nord, avec 187 délégués attribués au total pour la convention du Parti démocrate, qui désignera fin août le candidat à la présidentielle de novembre, sont les deux plus grands Etats encore en jeu dans le long calendrier des primaires.

LUNDI 5 MAI
Hillary Clinton reprend l'avantage sur Barack Obama, une première depuis trois mois.

Pour la première fois depuis trois mois, la prétendante démocrate à la Maison Blanche, Hillary Clinton, devance son rival Barack Obama dans les intentions de vote des électeurs démocrates et indépendants, selon un sondage national USA Today-Gallup publié lundi 5 mai. Selon ce sondage réalisé du 1er au 3 mai, Mme Clinton mène de 7 points devant M. Obama, engrangeant 51 % des intentions de vote des démocrates et des indépendants contre 44 % au sénateur de l'Illinois, à la veille de primaires disputées dans l'Indiana et en Caroline du Nord, mardi 6 mai. Il y a deux semaines, avant la résurgence de la controverse sur son ancien pasteur Jeremiah Wright, M. Obama menait de 10 points devant sa rivale. Et Hillary Clinton est désormais considérée comme la meilleure candidate face au républicain John McCain lors des élections de novembre, selon ce même sondage. En février, Barack Obama la devançait de 33 % dans ce même duel. Par ailleurs, 60 % des électeurs démocrates et indépendants estiment que les deux rivaux démocrates doivent poursuivre leurs campagnes, 23 % estimant en revanche que Mme Clinton devrait se retirer et 15 % que M. Obama devrait jeter l'éponge.

Primaires démocrates : aucun des deux candidats ne peut espérer une victoire décisive
S'il est donné gagnant en Caroline du Nord, M. Obama est loin d'être assuré de remporter la primaire de l'Indiana, par ailleurs bastion républicain. S'il remportait les deux Etats, M. Obama conforterait son statut de favori dans la course à l'investiture. Une victoire de Mme Clinton dans l'Indiana pourrait, en revanche, faire pencher en sa faveur les "superdélégués", élus et responsables du Parti démocrate. Au nombre d'environ 800, et libres de choisir un candidat, ils auront un poids déterminant lors de la convention démocrate, fin août. Quelle que soit l'issue des primaires prévues mardi 6 mai, aucun des candidats démocrates n'aura assez de délégués pour espérer obtenir l'investiture. Attribués à la proportionnelle, 72 délégués sont en jeu dans l'Indiana et 115 en Caroline du Nord. Selon le site spécialisé indépendant RealClearPolitics, M. Obama dispose actuellement de 1 743 délégués contre 1 606 pour Mme Clinton. Il faut 2 025 délégués pour obtenir l'investiture.

Les classes populaires : gage de victoire aux prochaines primaires
Les deux prétendants démocrates à la Maison Blanche, Barack Obama et Hillary Clinton, cherchent à séduire les classes populaires. Elles sont le gage d'une victoire aux prochaines primaires de Caroline du Nord et de l'Indiana, mardi 6 mai."Les responsables politiques ne m'ont pas conduit vers les travailleurs, ce sont les travailleurs qui m'ont conduit vers la politique", a affirmé dimanche soir le sénateur de l'Illinois devant le gratin du Parti démocrate de l'Indiana. Mme Clinton, de son côté, s'est présentée comme la "combattante" des sans-voix contre les puissants."Je me bats pour l'emploi, l'emploi, l'emploi et l'emploi", a-t-elle martelé. Comme dans l'Ohio et la Pennsylvanie, deux Etats remportés contre son rival, Mme Clinton compte sur un sursaut des ouvriers et employés blancs pour vaincre M. Obama dans l'Indiana. Soutenu par les Noirs, les jeunes, les étudiants et les gens bénéficiant de bons revenus et diplômés, M. Obama compte un grave déficit électoral dans la classe ouvrière blanche. Le "rêve américain" est en danger, a dit M. Obama, accusant la politique menée à Washington ces dernières décennies d'être sous la loi des lobbies. Il a loué "une Amérique qui ne récompensait pas seulement la richesse mais le travail et les travailleurs qui créaient cette richesse" et dénoncé sans la nommer sa rivale qu'il a accusée de faire des promesses démagogiques. "Nous devons être honnêtes avec les Américains", a assuré lundi matin M. Obama, en bras de chemise mais portant cravate, aux ouvriers d'un chantier en construction.

Barack Obama possède une avance de 12 points sur Hillary Clinton
D'après une enquête CBS News/New York Times sortie dimanche 4 mai, M. Obama renforce son avance sur Hillary Clinton. Il possède désormais une avance de 12 points – 50 % contre 38 % – sur sa rivale. Malgré les inquiétudes sur les dégâts que pourraient provoquer les affrontements verbaux virulents entre les deux candidats démocrates, le sondage prédit que M. Obama battrait le républicain John McCain par 51 % contre 40 % en cas d'élection, et que Mmeme Clinton mais rejetée par M. Obama. Quarante-neuf pour cent des personnes interrogées jugent que suspendre cette taxe serait une mauvaise idée, alors que 45 % y sont favorables.
Clinton s'imposerait par 53 % contre 41 % des voix contre le sénateur de l'Arizona. L'enquête se penche aussi sur la question qui anime actuellement la campagne, celle d'un moratoire de la taxe sur l'essence, une idée défendue par M. McCain et M

DIMANCHE 4 MAI
Hillary Clinton ne regrette pas ses propos à l'égard de l'Iran
Interrogée dimanche 4 mai sur ABC pour savoir si elle regrettait ses propos sur l'Iran, Mme Clinton a répondu : "Pourquoi aurais-je des regrets ? On me demande ce que je ferais si l'Iran attaquait notre allié, un pays avec lequel beaucoup d'entre nous ont beaucoup de liens, et d'affection." "Je pense que nous devons leur dire clairement qu'il leur en coûterait terriblement de faire une chose pareille", a-t-elle ajouté. L'ex-première dame a cependant précisé que sa priorité resterait d'empêcher l'Iran de fabriquer une bombe atomique, et que même si le pays y parvenait, elle n'imaginait pas que Téhéran lance une telle bombe sur Israël. Les deux rivaux pour l'investiture démocrate à la présidentielle de novembre se sont échangé des piques par télévision interposée à deux jours du prochain rendez-vous devant les électeurs du parti mardi dans l'Indiana et la Caroline du Nord. "Notre politique étrangère repose sur les rodomontades, les bruits de bottes et les discours agressifs, et dans le même temps nous prenons une série de décisions stratégiques qui ont pour effet de renforcer l'Iran", a dénoncé le sénateur."Il ne fait pas de doute que nous agirions avec force et de manière appropriée en cas d'attaque, nucléaire ou non (contre Israël...). Mais il est important que notre langage montre à la communauté internationale que nous nous éloignons de la diplomatie de cow-boy", a insisté M. Obama.

SAMEDI 3 MAI
La petite île de Guam sur le devant de la scène pour l'investiture démocrate

La bataille pour l'investiture démocrate a fait étape samedi à Guam, un "événement" pour les habitants de cette île du Pacifique projetée sur le devant de la scène, malgré le modeste enjeu de la consultation. Ni Hillary Clinton, ni Barack Obama ne se sont rendus personnellement sur l'île mais ils ont diffusé de multiples spots sur les chaînes de radio et télévision locales pour inviter les démocrates de Guam à participer aux caucus chargés de désigner seulement quatre délégués. "Nous sommes une petite île à laquelle on ne prête généralement pas d'intérêt car nous sommes à des milliers de kilomètres de Washington", a déclaré Tes Venzon, un habitant de Hagatna, la capitale du territoire sous administration américaine depuis 1898. "Cet événement politique nous donne l'opportunité de mettre en avant nos revendications locales qui sont largement ignorées par Washington", a-t-il ajouté. Selon le Bureau des élections, environ la moitié des 48 000 personnes enregistrées sur les listes électorales (sur une population totale d'environ 176 000 personnes) sont démocrates. S'ils ont leur mot à dire sur le choix du candidat démocrate, les électeurs de Guam ne peuvent pas participer à l'élection présidentielle, l'île de 541 km2 n'ayant pas le statut d'Etat. Situé à seulement trois heures d'avion du Japon, Guam est à environ 20 heures de vol de Washington.

VENDREDI 2 MAI
John McCain officiellement déclaré citoyen "natif" américain
Le Sénat a officiellement reconnu John McCain comme un citoyen "natif" américain. Né le 29 août 1936 dans un hôpital militaire de la zone du canal de Panama, cette reconnaissance est une bonne nouvelle pour le candidat républicain, car elle était la condition sine qua non de son éligibilité à la présidence des Etats-Unis. Même si, à l'époque, cette zone était déjà sous juridiction américaine, les pères fondateurs de la Constitution n'ont jamais défini ce qu'ils entendaient par "natural-born citizen" (citoyen natif), une définition ambiguë, car trop floue. Pourtant, aucun éclaircissement n'a jamais été apporté depuis. Pour certains spécialistes, seul un amendement de la Constitution par la Cour suprême elle-même pourra dissiper définitivement les imprécisions.

Spike Lee dénonce une conspiration contre M. Obama dans les propos du pasteur Wright
S'exprimant sur la controverse du pasteur Jeremiah Wright, le réalisateur américain Spike Lee dénonce une conspiration à l'encontre du candidat démocrate Barack Obama."Le pasteur Wright devrait se calmer. S'il aime vraiment M. Obama, il devrait se taire au plus vite", dénonce M. Lee, un fervent supporteur du sénateur de l'Illinois. "Quelles sont ses vraies motivations ? Qui est derrière tout ça ? "  Pour le réalisateur de Malcolm X, Barack Obama est le seul capable de sortir le pays de la situation actuelle.

Le pro-Clinton Joe Andrew bascule du côté de Barack Obama
Joe Andrew, un ancien président du Parti démocrate qui avait soutenu la campagne présidentielle d'Hillary Clinton depuis le premier jour, a annoncé jeudi 1er mai qu'il avait changé d'avis et soutenait désormais Barack Obama. Dans une lettre ouverte, M. Andrew a également appelé les autres "super- délégués" à l'imiter pour hâter la fin d'un processus qui, selon lui, bénéficie au candidat républicain John McCain."Je change mon soutien, de Mme Clinton à M. Obama et j'appelle tous mes amis qui sont superdélégués dans le pays à contribuer à supprimer les divisions de ce parti et à s'unir maintenant derrière Barack Obama", a déclaré M. Andrew, président du Parti démocrate à la fin de la présidence de Bill Clinton, en 1999-2001."Il est temps qu'on se rassemble, il est temps de s'en prendre à John McCain qui a été aidé" par la poursuite de la course à l'investiture démocrate, a ajouté M. Andrew.

Cet influent responsable démocrate de l'Indiana, un Etat très disputé entre M. Obama et Mme Clinton à l'approche de la primaire de mardi, a précisé qu'il avait notamment décidé de soutenir Barack Obama en raison du nouveau type de politique qu'il incarnait, selon lui."Les gens se précipitent vers M. Obama parce qu'ils rejettent les excès de la vieille politique", assure M. Andrew. "Les huit dernières années de George W. Bush ont été marquées par un rejet de la substance, de la science et de la raison au profit de la communication, du népotisme et de l'idéologie. Barack Obama n'a pas seulement osé le critiquer, comme tous les démocrates, mais a aussi renoncé à jouer le même jeu éculé et, ce faisant, il nous a montré un nouveau chemin vers la victoire", a affirmé M. Andrew.

L'Iran proteste à l'ONU contre des propos tenus par Hillary Clinton
L'Iran a protesté à l'ONU contre les propos tenus par la prétendante à l'investiture démocrate qui a menacé, si elle était élue présidente des Etats-Unis, de "rayer de la carte" l'Iran au cas où il lancerait une attaque nucléaire sur Israël. Dans une lettre au Conseil de sécurité rendue publique jeudi, l'ambassadeur adjoint d'Iran, Mehdi Danesh-Yazdi, dénonce ces propos, tenus le 22 avril sur la chaîne ABC, dans lesquels la sénatrice américaine "a menacé d'utiliser la force contre l'Iran de manière injustifiée et sous des prétextes erronés". "L'Iran exprime sa profonde préoccupation et sa ferme condamnation de tels propos provocateurs, injustifiés et irresponsables contre la nation et la civilisation iraniennes", déclare la lettre. "Une telle déclaration est une violation flagrante des provisions les plus fondamentales de la Charte de l'ONU et des principes de base du droit international," affirme M. Danesh-Yazdi dans sa lettre. Le diplomate iranien "réitère la position de son gouvernement selon laquelle l'Iran n'a aucune intention d'attaquer d'autres pays". "Cependant, ajoute-t-il, conformément à ses droits aux termes de la Charte des Nations unies, l'Iran n'hésiterait pas à agir en légitime défense pour répondre à toute attaque".

JEUDI 1er MAI
Manifestations aux Etats-Unis pour une réforme de l'immigration

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont descendus jeudi 1er mai dans les rues de grandes villes aux Etats-Unis, dont la capitale Washington, à Chicago et Miami, pour demander une réforme des lois en faveur des quelque 12 millions d'immigrés illégaux qui vivent dans le pays. Les défenseurs des droits des immigrés espèrent offrir aux clandestins la possibilité de devenir citoyens américains. Alors que ces manifestations interviennent dans une année électorale, le candidat démocrate Barack Obama a affirmé que la meilleure façon de faire entendre sa voix sur les questions d'immigration était de s'inscrire sur les listes."Aujourd'hui, j'encourage les milliers de personnes qui défilent et demandent le changement de faire en sorte que les électeurs s'inscrivent dans les prochains mois. Votre vote est votre voix", a indiqué le sénateur de l'Illinois. Sa rivale Hillary Clinton a pour sa part réaffirmé sa volonté de réformer rapidement la législation actuelle. "En tant que présidente, je m'engage à travailler avec le Congrès pour lancer un projet de loi réformant complètement l'immigration lors de mes 100 premiers jours au pouvoir", a-t-elle indiqué.

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Samedi 26 avril 2008

par FARAVEL
Enfin...

Depuis début janvier, je n'ai pas vu le jour (rassurez-vous je n'étais pas enfermé dans un cave, même si c'est devenu à la mode et très people grâce à Patrick Sébastien). Mais élections municipales obligent, on nous avait demandé de ne pas prendre de congés.

Le gros est passé, je pars me reposer 10 jours avec une petite escapade en Gironde, département que je n'ai jamais visité.

à bientôt,
Fred
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Mercredi 23 avril 2008

publié dans : Amérique(s) par FARAVEL communauté : Les blogs socialistes
Tribune de Benoît Hamon - Marianne
L’intérêt n’a cessé de grandir dans l’hexagone pour le résultat des élections primaires américaines. En raison d’abord du suspens ; par ses enjeux ensuite. Le choix du futur président des Etats Unis est tout sauf indifférent dans un monde plus menaçant que jamais, terrorisme, prolifération nucléaire, conflit Nord/Sud, réchauffement climatique, bio diversité, etc. Mais il y a aussi les leçons «françaises» que tireront inévitablement journalistes et responsables politiques et, plus particulièrement celles qui concernent l’avenir de la gauche hexagonale, en raison du duel Clinton/Obama.

On n’échappera évidemment pas aux parallèles grossiers qu’imagineront les esprits paresseux, ou opportunistes, pour désigner, en fonction du résultat, l’Obama français ou la Hillary tricolore. Si Barack Obama l’emporte, on trouvera mille raccourcis pour identifier dans le profil «résolument nouveau et moderne» de tel ou telle, le pedigree idéal. Peu importera que ce Obama bleu-blanc-rouge soit le produit du système ; peu importera ses véritables engagements politiques : dans une gauche en crise d’identité, une cure de jouvence politique peut faire office de remède miracle. Et comme Obama, le vrai, a le dos souple, on pourra aussi y voir le succès du candidat contre l’appareil, et ainsi justifier les stratégies de contournement du «vieux» parti socialiste.

Si Hillary Clinton l’emporte, on décrètera venu le «temps des femmes», on vantera la saga d’une femme «seule contre tous». Dans son recentrage stratégique, on saluera et on distinguera une recette stratégique à succès. On pourra inversement exalter le succès d’une carrière blanchie sous le harnais de l’appareil démocrate et des institutions de Washington. Bref, chacun pourra trouver matière à instrumentaliser la victoire de l’une ou de l’autre, à alimenter les pages désespérément blanches du projet politique de la gauche française.

L’essentiel ? Il est ailleurs, dans la leçon qu’inflige la vieille démocratie américaine aux dirigeants politiques français pressés, au nom de la modernité, d’en finir avec les "archaïsmes". La démocratie américaine conserve, dans ses rites et traditions, une capacité à propager la culture démocratique. Admirable vieillerie que ces primaires où les candidats sont départagés selon le nombre de partisans qui s’agglutinent autour de leur banderole dans le fin fond d’un gymnase ou d’une église. Et pourtant, il ne se trouve aucun candidat défait pour contester, au terme des primaires, la légitimité démocratique du vainqueur.

Ce système permet de brasser le personnel politique comme dans aucune autre démocratie. Tous les quatre ans, le casting change. Il n’y a pas de prime au redoublement. Quel autre système propose-t-il un tel renouvellement ? Là où les élites françaises se reproduisent entre elles d’une génération à l’autre, les Etats Unis sont capables d’élire un marchand de chemises (Truman), un second rôle d’Hollywood (Reagan) et demain, peut-être, le premier leader noir d’une démocratie occidentale. Enfin, l’intérêt de cette élection tient aux thèmes qui structurent le débat politique américain. 5 exemples :

Les restrictions au libre échange : parmi les démocrates il y a consensus sur la nécessité de maîtriser les échanges commerciaux afin de préserver l’emploi et protéger l’environnement. Hillary Clinton exige une pause dans les accords commerciaux, Obama des barrières pour protéger l’environnement. Et tous deux dénoncent l’hémorragie des emplois liés à une mondialisation mal régulée.

La protection sociale : à l’heure où les modèles sociaux européens font office d’accusé numéro un pour justifier la faiblesse de la croissance, on parle Outre Atlantique de protection de la retraite par répartition et de couverture santé pour tous !

La politique fiscale : les démocrates proposent de renouer avec la progressivité des prélèvements et de supprimer les réductions d’impôts accordées aux plus riches pour financer les nouvelles politiques fédérales.

Le Logement : suite à la crise des subprimes, qui a provoqué l’expulsion de leurs logement des centaines de milliers de ménages surendettés, les démocrates parlent d’intervention de l’Etat pour garantir l’habitat des familles les plus exposées.

La régularisation des immigrés clandestins : les démocrates débattent ouvertement des conditions de régularisation des 12 millions de clandestins (!)qui travaillent et habitent aux Etats Unis.

Dans un récent ouvrage, L’Obscénité démocratique (*), Régis Debray dénonce parmi les nouveaux «spectres» de la démocratie française, «la transparence, l’authenticité et la proximité», ces substituts au clivage droite/gauche, au débat démocratique. Ces spectres n’ont évidemment pas quitté la scène politique américaine. Mais, ici, nous courons le risque de ne retenir de l’élection américaine que le récit d’une success story. Notre responsabilité, à gauche, est d’affirmer que la modernité politique tient notamment dans la restauration des capacités régulatrices de la puissance publique (nationale ou continentale), dans le renforcement des protections individuelles et collectives, dans une nouvelle redistribution des richesses favorable à la protection de l’environnement, et dans des politiques ouvertes d’immigration. Voilà ce que la campagne américaine nous enseigne.