Pour John Edwards, Obama peut unir le parti et gagner l'élection du 4 novembre
LEMONDE.FR | 11.03.08 | 15h45 • Mis à jour le 09.05.08 | 18h14
ENDREDI 9 MAI
John Edwards déclare qu'Obama est le mieux placé pour remporter l'investiture
John Edwards, qui fut le troisième homme de la course âprement courtisé par les deux rivaux, a clairement laissé entendre vendredi que M. Obama serait le candidat démocrate."Je pense que
(Hillary Clinton) a très bien défendu sa candidature (mais) le problème, ce sont les chiffres", a-t-il dit à la chaîne de télévision NBC. "Je crois que les Américains attendent quelqu'un qui se battra chaque jour pour eux (...) et je crois que c'est ce que fera Obama", a-t-il ajouté, indiquant
qu'il pensait que ce dernier serait le mieux à même de battre le candidat républicain John McCain lors de la présidentielle. Au cours de ce même entretien, Edwards a également estimé que Barack
Obama avait la capacité d'unir le parti et à l'emporter le 4 novembre.
AFP/Spencer Platt
John Edwards considère que Barack Obama est mieux placé que Hillary Clinton pour remporter l'investiture
démocrate.
De son côté, Donald Payne, un élu du New Jersey à la Chambre des représentants qui soutenait
Hillary Clinton, a annoncé dans le quotidien local The Star-Ledger qu'il se
rangeait désormais derrière Barack Obama. "Après avoir soigneusement réfléchi, je suis parvenu à la conclusion que Barack Obama est le mieux à même d'apporter au pays le changement qu'il
attend et dont il a si désespérément besoin", a-t-il expliqué. Il ne reste plus que six primaires et tout dépend désormais des "superdélégués".
Les trois candidats américains se présentent comme des alliés d'Israël
Les trois candidats ont insisté sur leurs liens avec Israël et promis de se tenir au côté de l'Etat hébreu, alors que cet allié clé des Etats-Unis fêtait le 60e anniversaire de sa tumultueuse
existence. Les trois sénateurs en lice pour succéder à George Bush ont souligné le soutien des Etats-Unis à Israël."Ce que j'aime à propos d'Israël c'est que c'est une démocratie si robuste.
(...) Il est donc crucial d'envoyer un message à travers le monde, que nous nous tiendrons au côté d'Israël, nous voulons qu'ils soient là pas seulement pendant 60 ans, mais pendant 600 ans, et
quand je serai président des Etats-Unis, ils auront en moi un allié inébranlable", a déclaré le sénateur de l'Illinois Barack Obama sur la chaîne CNN. Sa rivale pour l'investiture démocrate
Hillary Clinton a également salué le peuple israélien qui, a-t-elle dit, a bâti une "démocratie forte et vibrante", selon un communiqué diffusé par sa campagne. Israël et les Etats-Unis
"sont unis par des valeurs partagées et de forts liens d'amitié", ajoute le communiqué de la sénatrice de New York. Le candidat républicain John McCain a souligné quant à lui que
"quand le président Harry Truman a reconnu l'Etat d'Israël il y a soixante ans, il a formalisé une relation profonde et durable entre deux grands peuples". "Ne laissez personne douter
du fait que, alors que les défis se poursuivent, Israël survivra et prospèrera. Il y aura toujours un (Etat d')Israël, et il y aura toujours un lien vital entre nos deux peuples", a dit le
sénateur de l'Arizona dans un communiqué. Le président Bush se rend en Israël mercredi, première étape d'un voyage le conduisant aussi en Arabie saoudite et en Egypte, pour célébrer le 60ème
anniversaire de l'Etat israélien et pour favoriser les discussions en vue d'un accord de paix avec les Palestiniens.
Pour Barack Obama, John McCain "perd le nord"
Barack Obama a accusé jeudi 8 mai John McCain de "perdre le nord" sur les questions de politique étrangère. Le prétendant à l'investiture démocrate réagissait sur CNN à une récente
attaque du futur candidat républicain selon qui le mouvement palestinien Hamas est favorable à l'élection d'Obama."Je pense que c'est malheureux, en particulier parce que ma politique envers
le Hamas n'est pas différente de la sienne", a déclaré M. Obama sur CNN. "Cette manière de jeter des commentaires à l'emporte-pièce est un exemple selon moi qu'il perd le nord dans sa
quête de l'investiture", a-t-il ajouté. L'entourage du sénateur de l'Arizona s'est indigné que Barack Obama cherche ainsi à faire de l'âge de M. McCain, qui aura 72 ans en août, une question
de campagne. "Perdre le nord n'a aucun rapport avec l'âge", a répliqué un porte-parole du sénateur de l'Illinois, qui est âgé de 46 ans.
Hillary Clinton doit tenir bon, selon certains de ses supporters
Malgré une série de déconvenues électorales et des augures défavorables pour Hillary Clinton, des partisans de l'ancienne première dame des Etats-Unis assurent qu'elle doit continuer à disputer
l'investiture démocrate. Son rival Barack Obama a largement remporté mardi la primaire de Caroline du nord, ce qu'une courte victoire de la sénatrice de New York dans l'Indiana n'a pas permis
d'effacer. Une grande partie des médias américains annoncent que les jeux sont déjà faits. Mais pour des partisans de Mme Clinton, dont certains vont jusqu'à dire préférer le républicain John
McCain à Barack Obama, voir leur championne abandonner la course n'est pas envisageable. Des forums sur internet continuent à soutenir la candidate, qui a pour l'instant exclu de renoncer, malgré
ses récents revers. Les journaux de New York estiment qu'il est peu probable que Mme Clinton mette un terme à sa campagne, même si certains éditorialistes pensent qu'elle devrait le
faire."Clinton pourrait bien combattre jusqu'au bout, elle est têtue et concentrée" sur son but, a écrit le New York Post jeudi, au lendemain de la publication en Une d'une photo de la
candidate, titrée "Foutue!". "Mais une chose est claire : Obama a la nomination dans sa poche", ajoute le quotidien populaire. L'appel de Mme Clinton à prendre en compte les
résultats des primaires en Floride et au Michigan, disqualifiés par les instances du parti en raison d'un vote organisé plus tôt que préconisé, attire également des critiques. "Le bruit
qu'elle fait sur la Floride et le Michigan va diviser le parti et lui causer du tort", écrit un autre contributeur, selon qui "il ne s'agit pas du bien du parti ou des Etats-Unis, mais
de son ego".
JEUDI 8 MAI
John McCain veut défendre la liberté religieuse et critique plusieurs pays
Le candidat républicain à la présidentielle américain, John McCain, a dit mercredi vouloir défendre la
liberté religieuse, accusant la Chine, l'Iran, la Birmanie, le Soudan, la Corée du Nord et l'Arabie Saoudite de persécuter des milliers de gens en raison de leur religion. "Il n'y a pas de
droit plus fondamental dans une société libre que celui d'une libre pratique de la religion. Derrière des murs de prison, en Chine, Iran, Birmanie, au Soudan, en Corée du Nord et Arabie Saoudite,
des dizaines de milliers de personnes sont persécutées alors que leur seul crime est de prier Dieu selon leurs croyances", a déclaré John McCain lors d'un discours à Oakland University dans
le Michigan."Aucune société qui rejette la liberté religieuse ne peut se prévaloir d'être bonne dans d'autres domaines (...) Comme président, je ferai de la liberté religieuse un sujet de
grande importance pour les Etats-Unis dans nos relations avec d'autres nations", a-t-il ajouté.
"Je travaillerai étroitement avec des alliés démocratiques pour défendre la liberté religieuse dans tous les forums quels qu'ils soient. Que ce soit dans les négociations bilatérales, ou dans
les multiples organisations multinationales auxquelles l'Amérique appartient, je ferai respecter la priorité d'une liberté religieuse dans les relations internationales", a-t-il promis. Le
candidat républicain a aussi dénoncé les trafics d'être humains, citant la Thaïlande, le Koweït et le Venezuela. "C'est un problème sérieux aux Etats-Unis", a-t-il précisé, en indiquant
qu'il voulait aussi s'attaquer aux criminels et prédateurs qui profitent de l'internet.
Hillary Clinton prise à partie par des manifestants anti-guerre
Des manifestants anti-guerre ont perturbé mercredi une réunion avec Hillary Clinton, qui se bat pour décrocher l'investiture démocrate à la présidentielle américaine, s'en prenant notamment à ses
déclarations sur l'Iran. Un homme est monté sur une table au cours d'une réunion de levée de fonds organisée en présence de la candidate dans un hôtel du centre de Washington et a déployé une
banderole noire et blanche proclamant : "Annihiler l'Iran : des excuses".
Mme Clinton avait déclaré dimanche qu'elle ne regrettait pas sa promesse d'"annihiler l'Iran" si ce pays utilisait la bombe atomique contre Israël. "Pourquoi aurais-je des regrets ?
On me demande ce que je ferais si l'Iran attaquait notre allié (Israël), un pays avec lequel beaucoup d'entre nous ont beaucoup de liens et d'affection", avait-elle expliqué. L'homme a
semblé briser un verre avant d'être évacué de la salle par les agents de sécurité, tandis qu'une foule d'un millier de femmes soutenant l'ex-Première dame scandait : "Hillary,
Hillary".
Les démocrates de Floride espèrent une solution rapide
Le parti démocrate de Floride a indiqué mercredi espérer trouver d'ici fin mai une solution pour que ses délégués puissent siéger à la convention nationale démocrate qui doit désigner fin août le
candidat du parti pour la présidentielle américaine de novembre. "Nous espérons que la requête que nous avons présentée sur la question des délégués sera étudiée le 31 mai au cours d'une
réunion du Comité national démocrate (CND) et aboutira à un accord", a déclaré Alejandro Miyar, porte-parole du parti démocrate de Floride (sud-est). Jon Ausman, membre du CND de Floride,
demande dans cette requête que la Floride ne perde pas la totalité mais seulement la moitié de ses représentants à la convention qui se tiendra du 25 au 28 août à Denver (Colorado, ouest).
Campagne pour la dream team, Obama-Clinton
L'idée que Barack Obama et Hillary Clinton disputent ensemble la présidentielle américaine, au nom de l'unité des démocrates face au républicain John McCain, recommence à faire son chemin depuis
que les médias ont quasiment proclamé l'investiture du jeune sénateur. Mais curieusement, alors qu'il y a deux mois Mme Clinton, en dépit de son retard, évoquait crânement l'hypothèse de prendre
son jeune rival pour colistier, son équipe assure maintenant que l'idée de briguer la vice-présidence à ses côtés ne lui traverse plus l'esprit. "Je ne l'ai pas entendue exprimer d'intérêt
pour un tel ticket" a déclaré mardi son directeur de communication Howard Wolfson.
Or, une escouade de jeunes militants démocrates proches de Hillary Clinton a pourtant lancé une "campagne pour la dream team". "A l'origine j'avais pour but d'organiser les partisans
d'un 'ticket' Clinton-Obama (dans cet ordre) (...) mais ces dernières semaines j'ai parlé avec des partisans d'Obama qui parlent d'un 'ticket' Obama-Clinton, et ils ont raison", a expliqué
mardi le fondateur de l'organisation "voteboth" ('votez pour les deux'), Adam Parkhonenko.
Dès mardi soir, le responsable d'un courant centriste du parti démocrate, Harold Ford, du DLC (Democratic leadership council), a plaidé avec force pour une candidature commune. "Un 'ticket'
Obama/Clinton pourrait répondre aux grandes inquiétudes, de part et d'autres, sur les différends et l'animosité (entre les deux camps), et la difficulté de Barack pour attirer le vote des
blancs", a fait valoir M. Ford sur la télévision MSNBC.
L'universitaire William Galston, ancien collaborateur du président Clinton aujourd'hui à la Brookings Institution, estime que le devoir de rassemblement pourrait en effet pousser M. Obama à
tenter l'inconcevable, comme en 1960 John Kennedy avait offert la vice-présidence à son tenace rival Lyndon Johnson, comme en 1980 Ronald Reagan avait fait équipe avec George Bush. "Malgré
tous les déchirements, M. Obama pourrait très bien décider que le plus prudent est de rassembler le parti de la façon la plus visible qu'on puisse imaginer", en proposant à Mme Clinton de
l'épauler.
MERCREDI 7 MAI
Hillary Clinton puise encore dans ses finances pour poursuivre sa campagne.
Hillary Clinton a puisé en avril 6,4 millions de dollars dans ses finances personnelles pour poursuivre sa quête de l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine, ont annoncé des
assistants. Mme Clinton, dont les succès pour collecter de fonds auprès de ses partisans restent très en deçà de la performance de son rival Barack Obama, avait déjà annoncé au lendemain des
résultats mitigés du"super-mardi" le 5 février qu'elle avait prêté à sa campagne 5 millions de dollars. Le prêt de 6,4 millions de dollars devait aider Mme Clinton à combler l'écart de
dépenses avec M. Obama pour les primaires de mardi en Indiana et en Caroline du Nord, qui ont pourtant permis au sénateur de Chicago de confirmer son avance. Mme Clinton, dont l'entourage se
plaint régulièrement de disposer de moins de fonds que M. Obama, avait accordé un prêt de 5 millions de dollars à sa campagne le 11 avril, à onze jours de sa nette victoire en Pennsylvanie. Elle
a ajouté un million de dollars le 1er mai, puis encore 425 000 dollars lundi, à la veille des scrutins dans l'Indiana et la Caroline du Nord, selon son équipe
Barack Obama fait grande impression, selon Bernard Kouchner
"Il semblerait que Barack Obama fasse très grande impression par son talent et par la perspective de changement qu'il représente", a assuré mercredi le ministre des Affaires étrangères
Bernard Kouchner en réagissant aux résultats des primaires démocrates en Caroline du nord et dans l'Indiana sur France Inter, ajoutant : "Ce que, on le comprend bien, la famille Clinton
personnifie un peu moins".
Un grand pas pour Barack Obama
Barack Obama a effectué un grand pas mardi 6 mai en vue de l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine en remportant largement la primaire de Caroline du Nord (56% contre 42%) et en
talonnant sa rivale Hillary Clinton (49% contre 51%) dans l'Indiana. Rien n'est encore joué pour l'investiture démocrate mais, selon les premiers commentaires des médias américains, M. Obama a
conforté son statut de favori en remportant le dernier grand Etat en jeu. 115 délégués, attribués à la proportionnelle, étaient en jeu en Caroline du Nord. Il y en avait 72 dans l'Indiana et, vu
le résultat serré de la primaire, ils devraient se partager entre M. Obama et Mme Clinton. Barack Obama a ainsi renforcé son avance sur Mme Clinton en termes de nombre de délégués, chargés de
désigner officiellement un candidat à la convention nationale démocrate fin août à Denver. Il reste seulement six scrutins d'ici le 3 juin dont une primaire prévue mardi en Virginie occidentale
(Est). Ces consultations à venir ne permettront d'attribuer qu'une poignée de délégués. Mme Clinton est favorite dans trois Etats dont la Virginie occidentale et M. Obama dans trois autres. La
sénatrice de New York a confirmé qu'elle irait jusqu'au bout du processus de sélection du candidat démocrate et assuré qu'elle se battrait pour que soient pris en compte les résultats de Floride
et du Michigan, deux Etats qu'elle a remportés, mais dont les résultats ont été invalidés par la direction du parti démocrate.
MARDI 6 MAI
Hillary Clinton: l'héroïne des américains moyens
Dans un article publié dans le New York Times, le journaliste Jodi Kantor, résume le jeu
politique de la candidate démocrate. Professeurs, routiers, vendeurs: elle est devenue la figure de proue d'une majorité de personnes issue de la classe moyenne. Peu importe les résultats des
primaines de la Caroline du Nord et de l'Indiana, estime le journaliste, car elle a accomplit l'impossible : grande favorite de la course à l'investiture démocrate au début de la saison des
primaires, puis donnée perdante face à ce qui apparaissait comme une irrésistible ascension de son rival, Mme Clinton est revenue spectaculairement dans le jeu s'adjugeant presque tous les
"grands" Etats et remportant notamment ces dernières semaines l'Ohio et la Pennsylvanie. Chose remarquable, Mme Clinton n'a pas utilisé son passé dans sa campagne, "pour rester humble ou ne
pas paraître misérable", ironise le journaliste."Choisir un président, c'est comme choisir le meilleur constructeur pour bâtir la maison de ses rêves", explique-t-il pour comparer
la stratégie d'Hillary Clinton : "la candidate sait manier ses allocutions et sait ce qui fait plaisir à entendre".
Primaires démocrates : les électeurs votent massivement
L'Indiana et la Caroline du Nord votent mardi 6 mai pour départager les prétendants démocrates à la Maison Blanche, Barack Obama et Hillary Clinton, lors de primaires âprement disputées pour la
présidentielle américaine. Les premiers bureaux de vote ont ouvert à 06H00 locales (10H00 GMT) dans l'Indiana et à 07H00 (11H00 GMT) en Caroline du Nord. Le temps est ensoleillé dans l'Indiana et
dans des bureaux de vote d'Indianapolis, et beaucoup de gens se sont pressés pour voter, a constaté un journaliste de l'AFP. "Une demi-heure après l'ouverture des bureaux de vote, il y avait
plus de votants que ce que nous enregistrons habituellement en une demi-journée", souligne Cordellia Lewis-Burkes, scrutateur démocrate dans un bureau de vote situé au Musée des
enfants.
L'ancien candidat John Edwards ne choisit pas entre Clinton et Obama
L'ancien candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine John Edwards n'entend pas choisir entre ses anciens rivaux Hillary Clinton et Barack Obama, a-t-il annoncé à
l'hebdomadaire des célébrités People. M. Edwards, qui a abandonné la course présidentielle en janvier, fait partie d'une poignée de personnalités influentes, avec notamment l'ancien
vice-président Al Gore, dont le soutien pourrait être déterminant. Mais dans un entretien à paraître vendredi, posté sur le site internet du magazine, John Edwards énumère les points forts et les
points faibles de chaque candidat. Il salue la "ténacité" de l'ex-Première dame, qui selon lui "montre une vraie force en elle", mais n'aime pas "la vieille politique"
qu'elle incarnerait selon lui. Sur Barack Obama, John Edwards, déclare qu'il voudrait "parfois voire plus de substance sous la rhétorique". Mais il ajoute : "premièrement, je crois
qu'il veut vraiment sérieusement changer (les choses) et apporter une nouvelle façon de faire les choses. Et deuxièmement, je crois que c'est un formidable symbole d'avoir un Afro-américain qui
pourrait être président". Cette petite phrase a fait réagir son épouse, interviewée avec lui dans leur cuisine : "Et le symbole d'avoir une femme, alors...?", a-t-elle
interrogé.
McCain tente de reconquérir l'électorat hispanique
John McCain a lancé, lundi 5 mai, un site Internet en espagnol dans l'espoir de reconquérir l'électorat hispanique, qui s'est
éloigné de son parti ces derniers mois. Le sénateur de l'Arizona a inauguré ce site à l'occasion de la fête nationale mexicaine du Cinco de Mayo. "Le message républicain est taillé pour nos
électeurs hispaniques", a déclaré M. McCain à des journalistes. "Je connais leur patriotisme, je connais leur respect de la famille, leur défense du droit à la vie, je connais leur
économie de petites entreprises", a-t-il martelé.
La question de l'immigration est à l'origine de la perte de popularité des républicains : ils ont rejeté en juin un projet de loi qui aurait
ouvert un chemin vers la reconnaissance des 12 millions d'immigrants clandestins, hispaniques pour la plupart, qui vivent aux Etats-Unis. M. McCain avait soutenu cette législation dans un cadre
plus global, se mettant à dos nombre de ses collègues, avant d'insister ensuite uniquement sur la question de la sécurité des frontières. Selon une étude du centre Pew parue en décembre, 57 % des
électeurs hispaniques inscrits se revendiquent démocrates, contre 23 % qui se disent républicains. L'écart, de 34 points, était de 21 points en juillet 2006. Le vote hispanique pourrait s'avérer
crucial lors de l'élection présidentielle du 4 novembre, en particulier dans certains Etats comme la Californie, la Floride ou le Colorado.
Caroline du Nord, avantage Obama, Indiana, avantage Clinton
Alors que les bureaux vont ouvrir dans quelques heures en Indiana et en Caroline du Nord, les derniers sondages accordent une sensible avance à Barack Obama en Caroline du Nord, tandis que la
sénatrice aurait un léger avantage en Indiana. La lutte s'annonce donc très serrée et d'après les observateurs des deux camps, aucun des candidats n'aura la majorité des délégués pour
l'investiture au soir des primaires dans ces deux Etats. Attribués à la proportionnelle, 72 délégués sont en jeu dans l'Indiana et 115 en Caroline du Nord. M. Obama dispose actuellement de 1 742
délégués contre 1 607 pour Mme Clinton, selon Associated Press. Il faut 2 025 délégués pour remporter définitivement l'investiture.
John McCain renouvelle ses critiques sur le manque d'expérience d'Obama en matière de sécurité
A la veille des primaires démocrates, le républicain McCain a dénoncé le manque d'expérience flagrant du sénateur de l'Illinois en matière de sécurité nationale. "Le sénateur Obama veut
s'asseoir avec un chef iranien qui veut rayer de la carte Israël, je ne pense pas que l'on devrait lui accorder tant de prestige, il ne connaît pas grand-chose en matière de sécurité nationale,
ce qui pourrait être problématique par la suite." Son discours fait suite aux propos de M. Obama datant de 2007, où le sénateur de l'Illinois proposait de rencontrer les leaders d'Iran, de
Corée du Nord et de Cuba.
Suspendre la taxe fédérale sur l'essence cet été serait difficile, affirme Hillary Clinton
A la veille des primaires en Caroline du Nord et dans l'Indiana, Hillary Clinton a admis lundi que sa proposition de suspendre une taxe fédérale sur l'essence cet été serait difficilement
applicable en raison d'un veto probable de George Bush. Le sujet est devenu brûlant dans la course démocrate à la Maison Blanche, Barack Obama accusant sa rivale de populisme avec cette
proposition à laquelle il s'oppose, la jugeant peu efficace. Hillary Clinton a affirmé lundi que cette initiative permettrait à chaque automobiliste de gagner 70 dollars en moyenne pendant l'été.
"Honnêtement, ce sera dur", a-t-elle toutefois reconnu à propos de ses chances de mise en œuvre. "C'est un défi très difficile, mais ça ne nous empêchera pas
d'essayer."
Barack Obama mène la course devant Hillary Clinton, mais celle-ci a obtenu davantage de soutiens auprès de l'électorat ouvrier dans de grands
Etats comme la Pennsylvanie ou l'Ohio. "Nous devons produire des résultats pour les travailleurs. Ils doivent sentir que les démocrates sont à leurs côtés", a-t-elle déclaré lundi.
L'Indiana et la Caroline du Nord, avec 187 délégués attribués au total pour la convention du Parti démocrate, qui désignera fin août le candidat à la présidentielle de novembre, sont les deux
plus grands Etats encore en jeu dans le long calendrier des primaires.
LUNDI 5 MAI
Hillary Clinton reprend l'avantage sur Barack Obama, une première depuis trois mois.
Pour la première fois depuis trois mois, la prétendante démocrate à la Maison Blanche, Hillary Clinton, devance son rival Barack Obama dans les intentions de vote des électeurs démocrates et
indépendants, selon un sondage national USA Today-Gallup publié lundi 5 mai. Selon ce sondage réalisé du 1er au 3 mai, Mme Clinton mène de 7 points devant M. Obama,
engrangeant 51 % des intentions de vote des démocrates et des indépendants contre 44 % au sénateur de l'Illinois, à la veille de primaires disputées dans l'Indiana et en Caroline du Nord, mardi 6
mai. Il y a deux semaines, avant la résurgence de la controverse sur son ancien pasteur Jeremiah Wright, M. Obama menait de 10 points devant sa rivale. Et Hillary Clinton est désormais considérée
comme la meilleure candidate face au républicain John McCain lors des élections de novembre, selon ce même sondage. En février, Barack Obama la devançait de 33 % dans ce même duel. Par ailleurs,
60 % des électeurs démocrates et indépendants estiment que les deux rivaux démocrates doivent poursuivre leurs campagnes, 23 % estimant en revanche que Mme Clinton devrait se retirer
et 15 % que M. Obama devrait jeter l'éponge.
Primaires démocrates : aucun des deux candidats ne peut espérer une victoire décisive
S'il est donné gagnant en Caroline du Nord, M. Obama est loin d'être assuré de remporter la primaire de l'Indiana, par ailleurs bastion républicain. S'il remportait les deux Etats, M. Obama
conforterait son statut de favori dans la course à l'investiture. Une victoire de Mme Clinton dans l'Indiana pourrait, en revanche, faire pencher en sa faveur les "superdélégués", élus
et responsables du Parti démocrate. Au nombre d'environ 800, et libres de choisir un candidat, ils auront un poids déterminant lors de la convention démocrate, fin août. Quelle que soit l'issue
des primaires prévues mardi 6 mai, aucun des candidats démocrates n'aura assez de délégués pour espérer obtenir l'investiture. Attribués à la proportionnelle, 72 délégués sont en jeu dans
l'Indiana et 115 en Caroline du Nord. Selon le site spécialisé indépendant RealClearPolitics, M. Obama dispose actuellement de 1 743 délégués contre 1 606 pour Mme Clinton. Il faut 2
025 délégués pour obtenir l'investiture.
Les classes populaires : gage de victoire aux prochaines primaires
Les deux prétendants démocrates à la Maison Blanche, Barack Obama et Hillary Clinton, cherchent à séduire les classes populaires. Elles sont le gage d'une victoire aux prochaines primaires de
Caroline du Nord et de l'Indiana, mardi 6 mai."Les responsables politiques ne m'ont pas conduit vers les travailleurs, ce sont les travailleurs qui m'ont conduit vers la politique", a
affirmé dimanche soir le sénateur de l'Illinois devant le gratin du Parti démocrate de l'Indiana. Mme Clinton, de son côté, s'est présentée comme la "combattante" des
sans-voix contre les puissants."Je me bats pour l'emploi, l'emploi, l'emploi et l'emploi", a-t-elle martelé. Comme dans l'Ohio et la Pennsylvanie, deux Etats remportés contre son rival,
Mme Clinton compte sur un sursaut des ouvriers et employés blancs pour vaincre M. Obama dans l'Indiana. Soutenu par les Noirs, les jeunes, les étudiants et les gens bénéficiant de bons
revenus et diplômés, M. Obama compte un grave déficit électoral dans la classe ouvrière blanche. Le "rêve américain" est en danger, a dit M. Obama, accusant la politique menée à
Washington ces dernières décennies d'être sous la loi des lobbies. Il a loué "une Amérique qui ne récompensait pas seulement la richesse mais le travail et les travailleurs qui créaient cette
richesse" et dénoncé sans la nommer sa rivale qu'il a accusée de faire des promesses démagogiques. "Nous devons être honnêtes avec les Américains", a assuré lundi matin M. Obama, en
bras de chemise mais portant cravate, aux ouvriers d'un chantier en construction.
Barack Obama possède une avance de 12 points sur Hillary Clinton
D'après une enquête CBS News/New York Times sortie dimanche 4 mai, M. Obama renforce son avance sur Hillary Clinton. Il possède désormais une avance de 12 points – 50 % contre 38 % – sur
sa rivale. Malgré les inquiétudes sur les dégâts que pourraient provoquer les affrontements verbaux virulents entre les deux candidats démocrates, le sondage prédit que M. Obama battrait le
républicain John McCain par 51 % contre 40 % en cas d'élection, et que Mmeme Clinton mais rejetée par M. Obama. Quarante-neuf pour cent des personnes interrogées jugent que
suspendre cette taxe serait une mauvaise idée, alors que 45 % y sont favorables. Clinton s'imposerait par 53 % contre 41 % des voix contre le sénateur de
l'Arizona. L'enquête se penche aussi sur la question qui anime actuellement la campagne, celle d'un moratoire de la taxe sur l'essence, une idée défendue par M. McCain et M
DIMANCHE 4 MAI
Hillary Clinton ne regrette pas ses propos à l'égard de l'Iran
Interrogée dimanche 4 mai sur ABC pour savoir si elle regrettait ses propos sur l'Iran, Mme Clinton a répondu : "Pourquoi aurais-je des regrets ? On me demande ce que je ferais si
l'Iran attaquait notre allié, un pays avec lequel beaucoup d'entre nous ont beaucoup de liens, et d'affection." "Je pense que nous devons leur dire clairement qu'il leur en coûterait
terriblement de faire une chose pareille", a-t-elle ajouté. L'ex-première dame a cependant précisé que sa priorité resterait d'empêcher l'Iran de fabriquer une bombe atomique, et que même si
le pays y parvenait, elle n'imaginait pas que Téhéran lance une telle bombe sur Israël. Les deux rivaux pour l'investiture démocrate à la présidentielle de novembre se sont échangé des piques par
télévision interposée à deux jours du prochain rendez-vous devant les électeurs du parti mardi dans l'Indiana et la Caroline du Nord. "Notre politique étrangère repose sur les rodomontades,
les bruits de bottes et les discours agressifs, et dans le même temps nous prenons une série de décisions stratégiques qui ont pour effet de renforcer l'Iran", a dénoncé le sénateur."Il
ne fait pas de doute que nous agirions avec force et de manière appropriée en cas d'attaque, nucléaire ou non (contre Israël...). Mais il est important que notre langage montre à la communauté
internationale que nous nous éloignons de la diplomatie de cow-boy", a insisté M. Obama.
SAMEDI 3 MAI
La petite île de Guam sur le devant de la scène pour l'investiture démocrate
La bataille pour l'investiture démocrate a fait étape samedi à Guam, un "événement" pour les habitants de cette île du Pacifique projetée sur le devant de la scène, malgré le modeste
enjeu de la consultation. Ni Hillary Clinton, ni Barack Obama ne se sont rendus personnellement sur l'île mais ils ont diffusé de multiples spots sur les chaînes de radio et télévision locales
pour inviter les démocrates de Guam à participer aux caucus chargés de désigner seulement quatre délégués. "Nous sommes une petite île à laquelle on ne prête généralement pas d'intérêt car
nous sommes à des milliers de kilomètres de Washington", a déclaré Tes Venzon, un habitant de Hagatna, la capitale du territoire sous administration américaine depuis 1898. "Cet
événement politique nous donne l'opportunité de mettre en avant nos revendications locales qui sont largement ignorées par Washington", a-t-il ajouté. Selon le Bureau des élections, environ
la moitié des 48 000 personnes enregistrées sur les listes électorales (sur une population totale d'environ 176 000 personnes) sont démocrates. S'ils ont leur mot à dire sur le choix du candidat
démocrate, les électeurs de Guam ne peuvent pas participer à l'élection présidentielle, l'île de 541 km2 n'ayant pas le statut d'Etat. Situé à seulement trois heures d'avion du Japon,
Guam est à environ 20 heures de vol de Washington.
VENDREDI 2 MAI
John McCain officiellement déclaré citoyen "natif" américain
Le Sénat a officiellement reconnu John McCain comme un citoyen "natif" américain. Né le 29 août 1936 dans un hôpital militaire
de la zone du canal de Panama, cette reconnaissance est une bonne nouvelle pour le candidat républicain, car elle était la condition sine qua non de son éligibilité à la présidence des
Etats-Unis. Même si, à l'époque, cette zone était déjà sous juridiction américaine, les pères fondateurs de la Constitution n'ont jamais défini ce qu'ils entendaient par "natural-born
citizen" (citoyen natif), une définition ambiguë, car trop floue. Pourtant, aucun éclaircissement n'a jamais été apporté depuis. Pour certains spécialistes, seul un amendement de la
Constitution par la Cour suprême elle-même pourra dissiper définitivement les imprécisions.
Spike Lee dénonce une conspiration contre M. Obama dans les propos du pasteur Wright
S'exprimant sur la controverse du pasteur Jeremiah Wright, le réalisateur américain Spike Lee dénonce une conspiration à l'encontre du candidat démocrate Barack Obama."Le pasteur Wright
devrait se calmer. S'il aime vraiment M. Obama, il devrait se taire au plus vite", dénonce M. Lee, un fervent supporteur du sénateur de l'Illinois. "Quelles sont ses vraies motivations ?
Qui est derrière tout ça ? " Pour le réalisateur de Malcolm X, Barack Obama est le seul capable de sortir le pays de la situation actuelle.
Le pro-Clinton Joe Andrew bascule du côté de Barack Obama
Joe Andrew, un ancien président du Parti démocrate qui avait soutenu la campagne présidentielle d'Hillary Clinton depuis le premier jour, a annoncé jeudi 1er mai qu'il avait changé
d'avis et soutenait désormais Barack Obama. Dans une lettre ouverte, M. Andrew a également appelé les autres "super- délégués" à l'imiter pour hâter la fin d'un processus qui, selon lui,
bénéficie au candidat républicain John McCain."Je change mon soutien, de Mme Clinton à M. Obama et j'appelle tous mes amis qui sont superdélégués dans le pays à contribuer à supprimer les
divisions de ce parti et à s'unir maintenant derrière Barack Obama", a déclaré M. Andrew, président du Parti démocrate à la fin de la présidence de Bill Clinton, en 1999-2001."Il est
temps qu'on se rassemble, il est temps de s'en prendre à John McCain qui a été aidé" par la poursuite de la course à l'investiture démocrate, a ajouté M. Andrew.
Cet influent responsable démocrate de l'Indiana, un Etat très disputé entre M. Obama et Mme Clinton à l'approche de la primaire de mardi, a
précisé qu'il avait notamment décidé de soutenir Barack Obama en raison du nouveau type de politique qu'il incarnait, selon lui."Les gens se précipitent vers M. Obama parce qu'ils rejettent
les excès de la vieille politique", assure M. Andrew. "Les huit dernières années de George W. Bush ont été marquées par un rejet de la substance, de la science et de la raison au profit
de la communication, du népotisme et de l'idéologie. Barack Obama n'a pas seulement osé le critiquer, comme tous les démocrates, mais a aussi renoncé à jouer le même jeu éculé et, ce faisant, il
nous a montré un nouveau chemin vers la victoire", a affirmé M. Andrew.
L'Iran proteste à l'ONU contre des propos tenus par Hillary Clinton
L'Iran a protesté à l'ONU contre les propos tenus par la prétendante à l'investiture démocrate qui a menacé, si elle était élue présidente des Etats-Unis, de "rayer de la carte" l'Iran
au cas où il lancerait une attaque nucléaire sur Israël. Dans une lettre au Conseil de sécurité rendue publique jeudi, l'ambassadeur adjoint d'Iran, Mehdi Danesh-Yazdi, dénonce ces propos, tenus
le 22 avril sur la chaîne ABC, dans lesquels la sénatrice américaine "a menacé d'utiliser la force contre l'Iran de manière injustifiée et sous des prétextes erronés". "L'Iran
exprime sa profonde préoccupation et sa ferme condamnation de tels propos provocateurs, injustifiés et irresponsables contre la nation et la civilisation iraniennes", déclare la lettre.
"Une telle déclaration est une violation flagrante des provisions les plus fondamentales de la Charte de l'ONU et des principes de base du droit international," affirme M. Danesh-Yazdi
dans sa lettre. Le diplomate iranien "réitère la position de son gouvernement selon laquelle l'Iran n'a aucune intention d'attaquer d'autres pays". "Cependant, ajoute-t-il,
conformément à ses droits aux termes de la Charte des Nations unies, l'Iran n'hésiterait pas à agir en légitime défense pour répondre à toute attaque".
JEUDI 1er MAI
Manifestations aux Etats-Unis pour une réforme de l'immigration
Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont descendus jeudi 1er mai dans les rues de grandes villes aux Etats-Unis, dont la capitale
Washington, à Chicago et Miami, pour demander une réforme des lois en faveur des quelque 12 millions d'immigrés illégaux qui vivent dans le pays. Les défenseurs des droits des immigrés espèrent
offrir aux clandestins la possibilité de devenir citoyens américains. Alors que ces manifestations interviennent dans une année électorale, le candidat démocrate Barack Obama a affirmé que la
meilleure façon de faire entendre sa voix sur les questions d'immigration était de s'inscrire sur les listes."Aujourd'hui, j'encourage les milliers de personnes qui défilent et demandent le
changement de faire en sorte que les électeurs s'inscrivent dans les prochains mois. Votre vote est votre voix", a indiqué le sénateur de l'Illinois. Sa rivale Hillary Clinton a pour sa part
réaffirmé sa volonté de réformer rapidement la législation actuelle. "En tant que présidente, je m'engage à travailler avec le Congrès pour lancer un projet de loi réformant complètement
l'immigration lors de mes 100 premiers jours au pouvoir", a-t-elle indiqué.
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