Partager l'article ! Histoire du socialisme français: LE SOCIALISME FRANCAIS 1797 – 2003 Le socialisme français prend place dans le mouvement ouvr ...

Henri de Saint-Simon (1760-1825),
noble français, développe le thème de la solidarité sociale et de l’Etat régulateur, il inspirera les premières coopératives ouvrières. Charles Fourier (1772-1837), horloger ruiné, imagine les
phalanstères, communautés autonomes assumant toutes les fonctions de la société, il ne condamne pas le capital en lui-même, et si sa réflexion porte en elle un fort courant pour la libération des
mœurs, il faut signaler l’antisémitisme qui anime sa haine du “commerce”. Robert Owen (1771-1858), industriel britannique, insiste moins sur l’Etat que sur la nécessité des coopératives...
La génération suivante approfondie
encore le débat. Louis Blanc (1811-1882) réclame la nationalisation des grands moyens de production pour contrôler l’économie, et un État qui assure la protection sociale et une législation du
travail.
Pierre-Joseph Proudhon
(1809-1865), ouvrier imprimeur, théorise une société de petits producteurs indépendants, substituant à l’État des associations professionnelles et communales, opposant à une société commandée
autoritairement une fédération sur libre consentement de la base. Flora Tristan (1803-1844), féministe et socialiste, propose de constituer en 1843 une Union ouvrière universelle pour obtenir le
droit au travail et l’organisation du travail.
Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Engels
(1820-1895), philosophes allemands, tirent les leçons de l’échec relatif des penseurs français. À travers L’idéologie allemande(1845), Le manifeste du Parti Communiste (1848) et Le Capital (1867)
ils développent une vision de l’Histoire, de la Philosophie et de l’Économie qui aboutit à un socialisme « scientifique ». La société divisée en classes a vu le pouvoir passer dans les mains de
la bourgeoisie détentrice du capital et des moyens de production. 1789 est une « Révolution bourgeoise », la bourgeoisie peut depuis exploiter toujours plus le prolétariat et rabaisser les
artisans, leur paupérisation devant aboutir à la Révolution prolétarienne, dirigée par des partis ouvriers révolutionnaires. La dictature du prolétariat dans un État socialiste permettrait
d’instaurer la collectivisation des moyens de production ; une société sans classe en sortirait, l’État deviendrait peu à peu inutile et le stade « communiste » de la civilisation permettra à
chacun de voir sa liberté et ses besoins satisfaits.
• celle du Parti Socialiste de
France, autour de Jules Guesde (P.O.F., marxiste) mais aussi d’Edouard Vaillant (P.S.R.), qui se veut “révolutionnaire” et condamne le “ministérialisme” ;
• celle du Parti Socialiste Français,
autour de Jean Jaurès (socialistes indépendants) et des “possibilistes”, qui soutient le “bloc des gauches” et entend unir les valeurs du Socialisme et de la République, et où se mêlent
réformisme et aspirations révolutionnaires.
Jean Jaurès, cependant, impose peu à peu
son ascendant par sa capacité de synthèse entre les idées de réforme et de révolution, entre le patriotisme et l’Internationalisme, qui correspondent mieux que celles de certains marxistes
français à un électorat composite où se côtoient ouvriers, paysans, fonctionnaires et intellectuels. À la veille de la guerre, le socialisme devient une force notable (avec 100 députés, il est le
deuxième groupe de la Chambre) : un rapprochement s’esquisse avec la C.G.T. syndicaliste révolutionnaire (reprise en mains par Edouard Vaillant et les allémanistes, après la parenthèse
anarcho-syndicaliste) et la gauche du Parti Radical dans la lutte contre la « loi des trois ans ».
Les espoirs et les désillusions marquent
les socialistes de l’immédiat après-guerre. Leurs idées influencent très largement les programmes et les politiques de la Libération. Ils jouent un rôle majeur dans les gouvernements du général
De Gaulle et ceux du tripartisme (P.C.F./S.F.I.O./M.R.P.). Vincent Auriol devient le premier Président de la IVème République. Mais les socialistes se trouvent aussi confrontés à la concurrence à
gauche d’un parti communiste, qui est au sommet de son influence électorale (28,5%), et au centre d’un nouveau parti, le Mouvement Républicain Populaire (démocrates-chrétiens). Leurs médiocres
résultats électoraux précipitent une crise identitaire, au regard des ambitions qui les animaient.
À Léon Blum et Daniel Mayer – qui veulent ouvrir le parti, lui donner une définition humaniste et en faire un parti de
gouvernement qui s’assume – une majorité composite, animée par Guy Mollet (1905-1975) premier secrétaire du Pas-de-Calais, oppose l’identité traditionnelle du parti, défend une ligne marxiste
pseudo-orthodoxe et l’unité d’action avec le P.C.F. Le congrès d’août 1946 enregistre la victoire de Guy Mollet, donc des cadres fédéraux contre la direction nationale (ce sera l’unique fois dans
l’histoire du parti).
En 1954, le radical Pierre
Mendès-France (1907-1982), plus que Guy Mollet, paraît incarner le renouveau de la gauche non communiste. La guerre d’Algérie accuse les divisions de la gauche : héritiers d’une conception
évolutionniste de la décolonisation, analysant le nationalisme algérien dans le contexte de la guerre froide, une majorité de socialistes derrière Guy Mollet, président du Conseil du Front
républicain (1956/57), acceptent les contraintes (pouvoir militaire, censure, tortures…) d’un conflit qui ne veut pas dire son nom. Une minorité (Daniel Mayer, Robert Verdier, Gilles Martinet,
Alain Savary) met en accusation la politique menée en Algérie et dénonce l’usage de la torture. La scission est inévitable avec la crise du 13 mai 1958 et l’attitude de la direction du parti face
au retour du Général De Gaulle : le Parti Socialiste Autonome est fondé à l’automne 1958.
François Mitterrand (1916-1996),
contre Mendès-France, G. Mollet et Gaston Deferre (1911-1986), impose sa stratégie d’Union de la Gauche avec le Parti communiste en mettant à profit le coup d’éclat que représente sa « glorieuse
défaite » devant le Général De Gaulle en 1965. Cependant, la Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste (F.G.D.S.), qu’il constitue la même année, n’est qu’un cartel électoral entre la
S.F.I.O., le Parti Radical et « sa » Convention des Institutions Républicaines (C.I.R.). La forte progression de la gauche aux législatives de 1967 est remise en cause par les divisions issues
des hésitations de la gauche traditionnelle face à Mai 1968.
Lionel Jospin, surfant sur l’exercice de
démocratie militante et son score au 2nd tour de l’élection présidentielle, impose un nouveau processus de rénovation, fondé à la fois sur un “droit d’inventaire” des années Mitterrand et sur la
revendication d’un “réalisme de gauche”. Mais la base électorale du parti continue de subir une érosion dans les catégories populaires et chez les jeunes, se centrant de plus en plus sur les
classes moyennes et moyennes supérieures. Cependant l’autorité de Jospin permet un apaisement interne propice à un travail politique dans les domaines programmatique, stratégique et
structurel.
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